Elections TPE: le gouvernement « n’a rien fait pour que ça marche », selon Solidaires

PARIS, 7 février 2017 (AFP) – Les pouvoirs publics n’ont « rien fait » pour que les élections professionnelles dans les toutes petites entreprises (TPE) « se passent bien », a estimé mardi l’Union syndicale Solidaires, alors que le scrutin a été marqué par une très faible participation.

Report des dates du scrutin, erreurs d’adresses qui ont empêché « près de 10% des électeurs de voter », manque de communication sur les enjeux de l’élection, refus des maires d’afficher des panneaux électoraux… : « les pouvoirs publics n’ont rien fait pour que ça marche. Ils ont fait le job a minima », a regretté Eric Beynel, porte-parole de Solidaires, lors d’une conférence de presse.

Le syndicat est arrivé en 6e position derrière la CGT, la CFDT, FO, l’Unsa et la CFTC, avec 3,5% des voix, à l’issue de ce scrutin qui s’est déroulé du 30 décembre au 13 janvier, et auquel seulement 7,35% des 4,5 millions de salariés concernés ont participé.

« Quand 10% de salariés ne peuvent pas participer parce qu’ils n’ont pas reçu leur matériel de vote ou qu’il y avait une erreur d’adresse, couplé au fait qu’un nombre important de salariés n’étaient pas inscrits, c’est qu’il y a un problème », s’est désolé Frédéric Bodin, chargé des TPE pour Solidaires, montrant les cartons remplis de milliers de courriers renvoyés.

Comme les autres syndicats, Solidaires impute en partie la faible participation au report du vote, décidé à la dernière minute par le ministère du Travail, pour régler un différent juridique entre la CGT et le syndicat des travailleurs corses. « On a dû puiser dans nos finances, mettre un tampon pour rectifier la date sur nos tracts… ça fait franchement amateur ! », a commenté M. Bodin.

Pour Solidaires, il n’y a « pas eu de communication forte du gouvernement », notamment à travers les médias, pour « informer massivement » les salariés là où le syndicalisme est justement « peu implanté ».

Les élections TPE avaient un triple objectif: désignation des conseillers prud’homaux et de ceux des futures commissions paritaires régionales et contribution au calcul de la représentativité au niveau interprofessionnel national des grands syndicats, qui sera annoncée le 31 mars.

« Il n’y a pas eu une volonté générale d’avoir un vrai débat autour des enjeux, et le lien avec les conseillers prud’hommaux n’a pas été mis en avant. Or c’est la seule instance dans laquelle les salariés peuvent faire reconnaître leurs droits », a dénoncé M. Beynel.

Solidaires a demandé à la Direction générale du travail (DGT) de faire un « bilan critique » de ces élections.

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