Electricité: la CGT-énergie appelle à un mouvement « le plus fort possible » jeudi

PARIS, 24 mai 2016 (AFP) – La CGT-Energie a appelé mardi à un mouvement d’action, notamment dans les centrales nucléaires, « le plus fort possible » jeudi contre la loi travail et la dégradation de la filière, n’excluant pas « des baisses de charges » électriques.

« C’est le moment d’accentuer la mobilisation. Nous appelons à un mouvement le plus fort possible », a déclaré à l’AFP la porte-parole de la fédération nationale mines-énergie (FNME-CGT), Marie-Claire Cailletaud.

« Des coupures électriques ont déjà eu lieu aujourd’hui (mardi) dans plusieurs quartiers de Nantes ainsi que dans le plus grand centre commercial d’Europe à Marseille, mais les baisses de charge pourraient être plus importantes jeudi », prédit-elle.

Jeudi, les syndicats opposés à la loi El Khomri, la CGT et FO en tête, appellent à une huitième journée de grèves et de manifestations partout en France pour réclamer le retrait du texte.

Mardi, Arnaud Pacot, secrétaire général CGT-Energie Aube, a indiqué à l’AFP « qu’il a été décidé d’un blocage du site à la centrale de Nogent et d’une baisse de charge lors d’une assemblée générale du personnel où étaient présents une centaine de salariés ».

Le centrale de Nogent-sur-Seine, situé dans l’Aube, à une centaine de km sud-est de Paris, possède deux réacteurs.

Selon le syndicaliste, un des deux réacteurs est à l’arrêt depuis mardi « en raison d’un problème technique ». « On fera en sorte de ne pas le redémarrer, quant au réacteur n°2, il y aura une baisse de charge, avec l’idée de l’arrêter totalement », a ajouté M. Pacot, précisant que la centrale avait déjà connu des baisses de charge « de l’ordre de 15 à 30% » lors des précédentes journées d’action.

Interrogé par l’AFP, un porte-parole d’EDF a déclaré qu’il était « difficile » de prévoir les conséquences sur la production électrique.

« Cela pourrait entraîner des baisses de charge » en cas de forte mobilisation sur les sites, tout dépendra de l’ampleur de la grève, a-t-il ajouté.

Lors d’assemblées générales organisées ces derniers jours dans plusieurs sites, « de jeunes salariés ont fait part de leur volonté d’intervenir sur leur outil de travail », selon Laurent Heredia, membre de la direction fédérale de la FNME-CGT.

« On sent clairement que le mouvement de contestation monte », a-t-il assuré.

Le syndicat souhaite « le retrait de la loi travail » mais entend également réitérer ses inquiétudes quant à l’avenir de la branche énergétique.

L’Etat s’est engagé en avril à renflouer le groupe EDF, endetté et plombé par des prix de l’électricité en berne en Europe et des d’investissements à venir, notamment le projet controversé Hinkley Point.

Quelques mois plus tôt, c’est au secours du groupe nucléaire Areva qu’il était intervenu. Un plan d’économies prévoyant la suppression de 6.000 postes d’ici à 2017 avait entre autres été décidé.

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