Embauches chez Renault: « le compte n’y est pas » (CGT)

PARIS, 12 octobre 2016 (AFP) – « Le compte n’y est pas », a estimé la CGT-Renault mercredi à propos du recrutement annoncé de 1.000 personnes supplémentaires en CDI en France d’ici la fin de l’année, tandis que la CFDT a insisté sur le « prix » payé par les salariés pour le retour de la compétitivité.

Le constructeur automobile a annoncé mardi ces recrutements, qui s’ajoutent « aux 1.000 embauches en 2015 et aux 1.000 recrutements annoncés au mois de février 2016 », portant à « 3.000 » le nombre de d’embauches en CDI « entre 2015 et 2016 ».

« Le groupe dépasse ainsi largement » les 760 recrutements inscrits dans l’accord de compétitivité signé en 2013 avec trois syndicats, a souligné Renault dans un communiqué.

« Bien entendu, des embauches en CDI sont toujours les bienvenues et qui s’en plaindrait ! », écrit la CGT, deuxième syndicat chez le constructeur automobile, dans un communiqué, « mais encore faut-il ne pas se laisser berner par les effets d’annonces » car « le compte n’y est pas ! »

La CGT rappelle que « près de 10.000 salariés auront quitté l’entreprise à fin 2016 (9.847 selon la direction), soit largement plus que les 8.260 départs inscrits dans l’accord » de 2013.

L’annonce de ces 1.000 recrutements supplémentaires permet de ramener le solde net de suppressions de postes de 7.500 à « 6.850 », reconnaît le syndicat, mais « environ 9.000 intérimaires travaillent dans nos usines et plus de 3.600 prestataires sont présents dans notre ingénierie », observe-t-il, en demandant davantage d’embauches.

Pour la CFDT, qui comme la CGT aurait souhaité que les salariés et organisations syndicales soient informés préalablement, cette « bonne nouvelle » est le « fruit » de l’accord de 2013 qu’elle avait signé avec la CFE-CGC et FO et de « l’effort des salariés ».

« Ce que ne dit pas Monsieur (Carlos) Ghosn (Pdg de Renault-Nissan), c’est ce qu’il doit aux salariés. C’est à quel prix et à quelles conditions ce retour spectaculaire de la compétitivité a été obtenu », écrit le syndicat, en évoquant les « cadences élevées, le nombre trop élevé d’intérimaires ».

La CFDT rappelle donc les « enjeux » de la négociation en cours d’un nouvel accord d’entreprise: « créer des emplois là où ils font cruellement défaut, faire les investissements nécessaires pour les années à venir et mettre en oeuvre les mesures indispensables » en termes de reconnaissance des compétences

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