En Normandie, la justice s’oppose à une délocalisation

ROUEN, 13 juillet 2018 (AFP) – La direction du sous-traitant automobile Sealynx, basé dans l’Eure et filiale du groupe GMD, qui avait assigné en justice huit délégués syndicaux s’opposant au déménagement de machines en Roumanie, a été déboutée, a-t-on appris vendredi auprès du tribunal d’Évreux.

Dans son ordonnance datée de mercredi mais rendue publique vendredi, le juge des référés rejette la demande de la direction visant « à ordonner l’expulsion » des syndicalistes et à rétablir « la libre circulation des personnes et des biens dans l’enceinte et à la sortie de la société ». Le juge enjoint également la direction de convoquer un comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) « dans un délai de 24 heures maximum » suivant la notification de la décision.

« Le tribunal valide l’argumentation des syndicalistes qui demandaient à ce que le CHSCT soit réuni et consulté pour évoquer les mesures à prendre en lien avec la sécurité et la santé des salariés à l’occasion du déménagement des machines », s’est félicité auprès de l’AFP, David Verdier, l’avocat des syndicalistes ajoutant « que cela suspend, de fait, tout transfert vers la Roumanie ».

Sollicitée, la direction de Sealynx a indiqué que « n’ayant pas encore reçu la décision », elle ne pouvait faire de commentaire dans l’immédiat.

« Ces syndicalistes nous ont empêché de procéder à l’enlèvement. Nous demandons à la justice de pouvoir retrouver un libre accès à nos presses », avait indiqué, le 28 juin, Pierre L’Alloret, directeur de cette entreprise de fabrication de joints d’étanchéité à destination du secteur automobile, pour justifier du lancement de cette procédure à la suite de l’opposition des syndicalistes à une première tentative de déménagement.

Selon la CGT, « au total, vingt machines sont concernées, à terme, par ce transfert d’activité avec la suppression de 70 postes à la clé ».

« Il n’y a pas de plan social et pas de licenciement de prévu », avait insisté le directeur du site évoquant pour sa part la disparition « de 60 postes », dans leur « très grande majorité » dévolus à des intérimaires.

Selon le directeur, le chiffre d’affaires de l’entreprise euroise basée à Charleval s’établit à 70 millions d’euros pour un effectif de 430 personnes en CDI. En 2017, GMD (Groupe Mécanique Découpage), spécialisé dans l’emboutissage, la plasturgie et la fonderie, affichait quant à lui un chiffre d’affaires de 799 millions d’euros. Il emploie 4.800 salariés, dont 3.900 en France.

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