En pleine mobilisation, l’Unef et des syndicats célèbrent les 10 ans de la « victoire » du CPE

PARIS, 2 avril 2016 (AFP) – En pleine mobilisation contre la loi travail, des leaders étudiants (Unef) et syndicaux (FO, FSU, CGT) ont célébré lors d’un colloque à Paris les dix ans de « la victoire du retrait du CPE » et réaffirmé leur « fermeté » face à la loi El Khomri.

Avant ce débat, qui a réuni quelques dizaines de militants et d’ex-militants étudiants, le président de l’Unef, William Martinet, s’est amusé auprès de l’AFP de « l’impertinence des jeunes à qui on proposait de commémorer un mouvement social – contre le Contrat première embauche (CPE) de Dominique de Villepin, en 2006 – et qui ont décidé d’en faire un au même moment », contre la loi travail.

Il y a dix ans, jeunes et syndicats entamaient un bras de fer avec l’exécutif sur le CPE, un contrat à durée indéterminée assorti d’une période d’essai particulièrement longue destiné aux moins de 26 ans, provoquant trois mois de contestation sociale et de crise politique et forçant finalement le gouvernement Villepin à reculer.

L’objectif de cette séance d’échanges, en présence notamment de l’ex-meneur de l’Unef et actuel premier adjoint à la maire de Paris, Bruno Julliard, des numéros un de FO Jean-Claude Mailly, de la FSU (fonctionnaires) Bernadette Groison, était « d’analyser comment cette mobilisation s’est faite il y a dix ans et comment elle se fait aujourd’hui ». « Il y a des similitudes idéologiques: dire qu’il ne faut pas accepter la précarité pour s’insérer, mais aussi des différences, liées notamment à l’utilisation des réseaux sociaux », a souligné William Martinet.

Jean-Claude Mailly, déjà à la tête de FO en 2006, a lui insisté sur le fait que la grande différence entre le mouvement anti-CPE et celui actuellement mené contre la loi travail était « que tous les syndicats étaient à l’époque dans la bagarre ».

« En se commémorant le CPE, on se rappelle ce qui a été déterminant dans la réussite, c’est l’unité syndicale, des salariés et des étudiants », a renchéri Bernadette Groison (FSU). Mais, selon la syndicaliste, il faut « rester prudent sur la comparaison »: « La loi travail a un spectre beaucoup plus large, et le mouvement salarié a un rôle encore plus important à jouer dans la bataille ».

Après la forte mobilisation contre le projet de loi travail, Manuel Valls s’est dit « prêt à regarder » les propositions des étudiants, mais il exclut toujours le retrait exigé par les antis, qui prévoient déjà de nouveaux rendez-vous les 5 et 9 avril.

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