Engie: la grève dans les services clients contre les délocalisations bien suivie

PARIS, 26 septembre 2017 (AFP) – Le mouvement de grève dans les services clients d’Engie, lancé à l’appel de l’intersyndicale CFDT, CFTC, CGT, CFE-CGC et EeFO pour protester contre la délocalisation des activités clientèle et « défendre l’emploi en France », a été bien suivi mardi, a-t-on appris de sources concordantes.

Se félicitant d’une « forte mobilisation », Pascal Picard (CFDT) a fait état pour la journée de taux de participation s’établissant selon les sites entre 20% (Douai) et 100% (Quimper), avec une majorité de sites au-dessus de 50%.

Les grévistes étaient par exemple 79% à Annecy, 90% à Cergy-Pontoise, 80% à Orléans, 83% à Villeurbanne, 60% à La Baule et à Montpellier, 52% à Bagneux, en région parisienne, selon le décompte du syndicat.

« Il y a une forte participation, avec un taux de grévistes de 90% » sur le site de Toulouse, s’était aussi félicitée Patricia Chastan (CFE-CGC) plus tôt dans la journée.

Selon le groupe énergétique, interrogé par l’AFP, le taux de grévistes a atteint 35,92%.

L’intersyndicale dénonce « l’+offshorisation+ des emplois » et accuse l’Etat, actionnaire de référence du groupe énergétique, de « cautionner » les choses « par son inaction ».

L’activité service client du groupe est déjà « externalisée à 80% », majoritairement encore à des prestataires (centres d’appel) en France, a expliqué Patricia Chastan. Mais Engie veut « intensifier » la délocalisation à l’étranger de ces services, pour passer de 20% à « 30% » à la fin de l’année, a-t-elle ajouté.

En mai, la CGT s’était indignée que « plus de 20% de l’activité externalisée » soit « désormais délocalisée à l’étranger ». Le syndicat avait cité le Maroc, l’Ile Maurice et le Portugal. Selon l’intersyndicale, des activités vont désormais être délocalisées vers « le Cameroun et le Sénégal ».

Engie explique de son côté avoir « lancé en 2016 avec ses prestataires une expérimentation consistant à réaliser certaines activités de relation clientèle (…) hors de France, et l’a pérennisée au vu des bons résultats ». « Cette démarche vise à répondre à la nécessité de l’entreprise de réduire ses coûts », a ajouté le groupe, en soulignant que les postes concernés n’étaient pas « ceux de salariés Engie ».

A Toulouse, une quarantaine de salariés se sont rassemblés devant le site, avec des pancartes proclamant « Non à la délocalisation de nos emplois ! ». « Les salariés s’inscrivent dans une action qui dure », a dit Mme Chastan. « Notre revendication, c’est de défendre l’emploi en France ».

En interne, environ 1.200 salariés travaillent dans les centres de relations clientèle.

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