Engie: nouveau débrayage contre la délocalisation des services clients

PARIS, 14 novembre 2017 (AFP) – Des salariés des services clients d’Engie ont à nouveau débrayé mardi pour protester contre la délocalisation d’une partie des activités vers des pays à bas coûts, une « politique de dumping social » selon l’intersyndicale, qui s’accompagne « d’un vaste plan de restructuration en interne ».

Environ 62,4% des salariés présents se sont déclarés grévistes deux heures en fin de matinée et se sont rassemblés devant les sites avec des panneaux « Stop dumping » ou « Engie en crise », selon l’intersyndicale CFDT, CFE-CGC, CFTC, CGT et Ee-FO.

La direction d’Engie a fait part de son côté d’un taux de grévistes de 24,3% sur l’ensemble du périmètre B to C (relations consommateurs), qui comprend d’autres activités que les services clients. Elle a recensé 38,35% de grévistes dans les services clients.

Les salariés s’étaient déjà fortement mobilisés le 26 septembre pour dénoncer ce « dumping social » (72% de grévistes selon l’intersyndicale, 35,92% selon la direction).

L’activité relations clientèle du groupe énergétique est déjà externalisée à 80%, majoritairement à des prestataires (centres d’appel) en France. Mais Engie intensifie d’une part l’externalisation, pour la porter à 90% selon les syndicats, et d’autre part la délocalisation à l’étranger.

Après le Maroc, le Portugal et l’Ile Maurice, l’entreprise se tourne maintenant vers des pays « à coûts encore plus bas » comme le Cameroun et le Sénégal, dénoncent les syndicats. Environ 30% de l’activité sera réalisée par des prestataires à l’étranger fin 2017, « ce qui représente plus de 1.200 emplois supprimés sur le sol français », écrit l’intersyndicale.

« Cette démarche vise à répondre à la nécessité de l’entreprise de réduire ses coûts », avait indiqué le groupe en septembre, en soulignant que les postes concernés n’étaient pas « ceux de salariés Engie ».

Pour obtenir les « données économiques et sociales » liées à la délocalisation, le comité d’établissement du pôle activités clientèles a assigné l’énergéticien en référé. L’audience est prévue le 22 novembre à Nanterre.

Les syndicats protestent également contre la volonté de la direction de scinder en deux les activités clientèle (environ 1.200 salariés), avec une direction tarifs réglementés (DTR), où seraient « exfiltrés » 811 salariés, et une direction grand public (DGP).

Cette scission aboutirait selon eux à la création d’une division DTR « +mouroir+ vouée à disparaître », les tarifs réglementés étant en sursis depuis que le Conseil d’Etat, saisi par des fournisseurs concurrents d’Engie, a jugé en juillet que leur maintien était contraire au droit européen.

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