Euro 2016 ou pas, le foot booste les idées et les parcours vers l’emploi

PARIS, 1 juin 2016 (AFP) – Plateformes, forums, matchs pour l’emploi dans les stades…: si les retombées de l’Euro de football restent limitées dans le temps en termes d’emplois, le ballon rond booste nombre d’idées et de parcours vers l’insertion professionnelle.

Associations, entreprises, fédérations, ligues, clubs et institutionnels multiplient les initiatives autour du football pour tenter de rapprocher demandeurs d’emploi et employeurs.

Selon une estimation du Centre de droit et d’économie du sport (CDES), l’Euro 2016 c’est 26.000 emplois en amont liés à la construction ou à la rénovation des stades et 28.000 autres dans l’hôtellerie-restauration, la sécurité et les technologies de l’information, pour des retombées économiques totales estimées à 1,2 voire 1,3 milliard d’euros (hors spectateurs français), résume à l’AFP l’un de ses économistes, Didier Primault.

La Ligue de football professionnel (LFP) en collaboration avec la Française des jeux, l’UCPF (Union des clubs professionnels de football), Pôle emploi et l’ADIE (Association d’aide au microcrédit) ont mis en place depuis trois saisons une plateforme nationale, « supporters de l’emploi »: des dizaines de forums dans les stades.

En 2014-2015, ils ont drainé 27.000 visiteurs et impliqué 535 entreprises pour déboucher sur 6.000 emplois et stages, selon la LFP, qui admet cependant avoir peu de visibilité sur « le suivi » de ces embauches.

« Cette opération rencontre un très gros succès. Le Medef s’y est associé la deuxième saison, en activant ses réseaux », relève Philippe Diallo, directeur général de l’UCPF.

Localement, d’autres initiatives aux budgets plus modestes sont devenues des références en matière de diversité et d’égalité des chances notamment.

– Quartiers défavorisés –

Basée à Vaux-en-Velin, près de Lyon, la TPE « Nes et Cité », a été la première à lancer dès 2001 des opérations pour l’emploi des jeunes des banlieues autour du football.

La plus connue, « Jobs et Cité Stadium », vaste bourse de l’emploi annuelle organisée au stade de Gerland à Lyon avec la fondation de l’OL, a fêté ses dix ans au nouveau Parc Olympique Lyonnais.

« L’idée de départ était d’attirer ces jeunes dans un lieu sympathique pour quelque chose qui l’est moins: des entretiens d’embauche », explique à l’AFP Abdel Belmokadem, son directeur. En 15 ans, « 30.000 personnes ont participé à ces opérations, dont 6.000 ont trouvé un emploi dans plus de 150 entreprises partenaires ».

Rien qu’à Lyon, ce concept bien rôdé – information en amont, flyers CV reçus dans les boîtes à lettre et remplis lors d’un accueil individualisé au stade, guide des entreprises – a permis à 2.000 personnes de trouver du travail.

Délégué général de l’OL, Laurent Arnaud explique à l’AFP travailler « depuis longtemps avec Nes et Cité et Pôle emploi », ce qui a incité les collectivités à « s’engager dans le sillon, en jouant leur rôle de conseil et de surveillance, au bénéfice d’un très large cercle de personnes ».

Cet engagement de l’OL s’est par ailleurs traduit, selon M. Arnaud, par « l’embauche d’environ 500 personnes » sur le chantier du Parc OL, puis de « 850 créations de postes » supplémentaires grâce à une plateforme pour l’emploi destinée aux prestataires du club. Dès septembre, une autre plateforme, rassemblant 600 à 800 entreprises, verra le jour pour pérenniser cet engagement.

A Chartres, le club Chartres Horizon Football et ses 455 licenciés organisent depuis trois ans un « match pour l’emploi » qui associe la Maison de l’emploi, la Mission locale et une vingtaine d’entreprises.

Grâce à ce tournoi qui réunit sur le terrain demandeurs d’emploi et entrepreneurs, Jean-Christophe Raphaël, 27 ans, a décroché un CDI dans une entreprise de vente de produits d’isolation pour la maison.

« Toutes mes tentatives préalables, entretiens et candidatures spontanées n’avaient rien donné. Ce match resserre les liens et enlève les barrières, ça donne confiance », dit-il à l’AFP.

Jean-Christophe est la troisième recrue de Tarik Maghrane, 32 ans, patron de KparK (six salariés) grâce au « Match pour l’emploi » où, dit-il, « on rencontre beaucoup de candidats en peu de temps et des gens motivés, très divers, qui sont, grâce au sport, des compétiteurs à l’esprit d’entraide, ce que je privilégie avant les diplômes ».

Surfant sur la vague Euro, Pôle Emploi vient de signer une nouvelle convention avec la Fédération française de football (FFF) et le FondaCtion du football pour encourager ceux des 400.000 bénévoles du football qui cherchent un emploi, à mettre en valeur dans leurs CV leurs compétences footballistiques.

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