Evreux: huit syndicats réclament des locaux « corrects »

PARIS, 8 novembre 2016 (AFP) – Huit organisations syndicales, dont la CGT, la CFDT et FO, manifesteront mercredi à Evreux pour réclamer à la mairie un local « correct » et alerter sur les problèmes croissants avec certaines communes pour conserver leurs bureaux syndicaux.

« C’est un problème qui monte », a déclaré à l’AFP Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO, qui manifestera mercredi à Evreux, également à l’appel des syndicats CGT, CFDT, CFE-CGC, CFTC, FSU, Unsa et Solidaires.

Dans la préfecture l’Eure dirigée par Guy Lefranc (LR), « les syndicats ont reçu en juin 2016 un recommandé expliquant qu’ils devaient quitter les lieux sous six mois sans solution de relogement satisfaisante », a souligné Céline Verzeletti, membre de la direction de la CGT.

Parmi les solutions proposées, les syndicats évoquent des locaux « trop petits, voire avec de l’amiante », selon elle.

Ils sont logés depuis les années 1920 dans un bâtiment de la bourse du travail de la ville, qui doit être démoli dans le cadre d’une opération de rénovation urbaine.

« Nous sommes prêts à discuter mais le maire, proche de Bruno Le Maire, est ultra fermé », a assuré M. Mailly. « Trois fois j’ai sollicité Bruno Le Maire pour trouver une solution de relogement correct, c’est silence radio. La dernière proposition du maire, c’est 50 m2 pour huit organisations, c’est ingérable! », a-t-il assuré.

L’hébergement syndical, voire sa gratuité, sont des usages anciens, mais ils ne sont pas inscrits dans la loi.

La loi travail prévoit dans l’article 27 que les collectivités territoriales et leurs groupements puissent « mettre des locaux à la disposition des organisations syndicales ». Ils déterminent les conditions dans lesquelles ces locaux peuvent être utilisés.

Si une collectivité territoriale retire des locaux à un syndicat qui en bénéficiait depuis plus de cinq ans sans lui proposer d’alternative, l’organisation a droit à une indemnisation– ce que les syndicats ne réclament pas, souhaitant plutôt des garanties en terme de relogement.

Mme Verzeletti a répertorié « une vingtaine de communes, autant de droite que de gauche, où les syndicats ont des problèmes de logement », un phénomène qui monte, selon elle.

Même son de cloche côté CFDT, où Thierry Cadart, membre de la direction, évoque également une « recrudescence ».

« On sent que la tendance générale est de remettre en cause l’aide sur le logement » des bureaux syndicaux, dit-il. « Le fait que nous rendons un service d’intérêt général semble assez peu partagé aux sein des collectivités », ajoute-t-il.

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