Ex-Ascoval: les salariés toujours dans l’incertitude après la visite de leur actionnaire

SAINT-SAULVE, 4 juin 2019 (AFP) – Les salariés de l’ex-aciérie Ascoval de Saint-Saulve (Nord) ne se disaient pas rassurés mardi après la venue de leur nouvel actionnaire, qui a récemment racheté l’usine, une reprise fragilisée par la mise en faillite de British Steel en Grande-Bretagne, affirmant attendre « des actes ».

Selon Bruno Kopczynski, porte-parole de l’intersyndicale et délégué CFDT, Marc Meyohas, représentant de l’actionnaire Greybull Capital, un fonds d’investissement spécialisé dans la reprise d’entreprises en difficulté, leur a annoncé qu’il allait déposer une offre en Angleterre pour reprendre les sites d’Hayange (Moselle) et FN Steel aux Pays-Bas.

« Les deux usines (Hayange et FN Steel), qu’on livre, font partie de British Steel et (sont) prises dans la faillite de British Steel. Lui, aujourd’hui, il s’est porté acquéreur de ces deux usines qu’il a mises en faillite », a déclaré M. Kopczynski à la presse.

« Il y aura plusieurs candidats. Il fait le pari qu’il n’y aura pas de repreneur pour l’ensemble. Lui, il ne reprendrait que FN Steel et Hayange », a-t-il ajouté, affirmant ne pas avoir accès au détail du montage financier entre Greybull, Olympus (maison mère de British Steel), Ascoval et les différents sites de production de British Steel.

Cette annonce confirme les informations du Financial Times, selon lequel Greybull Capital prépare un plan de reprise des seules activités françaises et néerlandaises de British Steel, évoquant des sources proches du dossier.

D’après le quotidien britannique, Greybull souhaiterait intégrer sous une seule bannière les activités de fabrication de rails situées à Hayange et d’acier long de FN Steel (Pays-Bas), avec celles de l’aciérie Ascoval.

Les activités proprement britanniques de British Steel qui font l’objet d’une procédure de liquidation au Royaume-Uni seraient purement abandonnées par Greybull, trois ans après leur rachat pour un prix symbolique auprès du groupe indien Tata Steel.

Aujourd’hui les 270 salariés « sont blasés, ils attendent d’avoir du concret », a ajouté M. Kopczynski.

« On a toujours le même discours, ça fait quatre ans qu’on a le même discours. (…) Moi je ne crois pas au Père-Noël », a réagi l’un d’eux en quittant le site. « C’est des paroles, j’attends les actes. J’attends de revenir tous les matins et faire tourner le four », a renchéri un autre, alors que l’aciérie tourne une semaine par mois.

La décision de l’administration britannique est attendue selon l’intersyndicale d’ici fin juin.

« Il nous a adressé un message d’espoir, même si on n’y croit plus trop », a réagi le délégué CGT Nacim Bardi à l’issue de la réunion. « Pour l’instant on n’est pas touchés, on ne travaille pas beaucoup, il y a une lueur d’espoir mais c’est compliqué. On n’est pas rassuré, on est encore dans l’incertitude ».

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