Ex-salariés de Dia en détresse: la décision du tribunal de commerce renvoyée

PARIS, 6 octobre 2016 (AFP) – Le tribunal de commerce de Paris a renvoyé jeudi à la semaine prochaine sa décision sur la liquidation judiciaire de la société Gastt Expansion, qui a repris huit magasins Dia cédés par Carrefour, une mesure « incompréhensible » pour les 47 salariés qui n’ont pas été payés depuis début juillet.

Placée en redressement judiciaire le 15 septembre, la société, qui n’a jamais rouvert les magasins repris en mai, s’était engagée à verser avant l’audience de ce jeudi les salaires correspondant à la deuxième quinzaine de septembre. L’AGS, le régime de garantie des salaires, devait de son côté prendre en charge les deux mois et demi de salaires non versés.

« Depuis, on n’a rien eu. Gastt ne nous a pas payés » et les salaires pris en charge par l’AGS devraient être versés d’ici au 20 octobre, ont témoigné la dizaine de salariés présents. « Si Gastt n’a pas les fonds pour nous payer, comment aurait-il les fonds pour autre chose? », se demande Caroline Roseuw, venue de Lille, qui comme Patrice Prost, de Belley (Ain), juge « incompréhensible » la décision du tribunal de commerce.

Les salariés s’attendaient à ce que la liquidation judiciaire soit prononcée ce jeudi.

Le tribunal « veut laisser du temps pour que Carrefour s’engage à reprendre les salariés », a expliqué leur avocate, Florence Rebut-Delanoë. Pour l’instant, il y a un engagement « oral » de l’enseigne de grande distribution, selon les salariés.

Carrefour, qui n’est pas partie prenante à la procédure, a « toujours été attentif à la situation des salariés », a indiqué à l’AFP une porte-parole de l’enseigne. Et « tout salarié qui en fera la demande à l’issue de la procédure se verra proposer un emploi », a-t-elle assuré.

« Ca fait encore une semaine à attendre et pendant ce temps, on est prisonnier de ça, pieds et poings liés », explique Caroline Roseuw. Tant que la liquidation n’est pas prononcée, les salariés sont tenus par leur contrat de travail et ne peuvent pas accepter un poste ailleurs.

« J’ai trouvé un emploi que je ne peux pas prendre », regrette Patrice Prost, dont la compagne Vanessa, invalide à 80%, clame sa « colère » face à cette situation. « C’est un combat au quotidien » pour tenir, dit-elle. Comme pour d’autres, « la famille nous aide comme elle peut ». « On vit avec l’argent qu’on nous prête », ajoute Caroline Roseuw.

Après le rachat des quelque 800 magasins de l’espagnol Dia en novembre 2014, Carrefour s’est vu imposer par l’Autorité de la concurrence d’en céder 56 pour cause de position dominante dans certaines zones. C’est dans ce cadre que l’enseigne en a vendu huit à Gastt, situés à Marseille, Lyon, Paris et dans le Nord.

sp/cel/csg