Explosion de procédures disciplinaires à la SNCF après les grèves du printemps, selon SUD-rail

PARIS, 6 octobre 2016 (AFP) – Les procédures disciplinaires se multiplient contre des militants syndicaux actifs lors des grèves menées au printemps contre la loi travail ou la défense des conditions de travail des cheminots, a dénoncé jeudi SUD-rail, qui relève une « centaine » de cas dans ses rangs.

Le troisième syndicat du groupe ferroviaire affirme que « la direction monte d’un cran dans la répression anti SUD-rail » et « veut prendre sa revanche en sanctionnant ceux dont l’action syndicale s’oppose à leur politique ».

Il demande « l’arrêt des sanctions » internes visant à « dissuader les salariés de faire tout simplement du syndicalisme », ainsi que des « poursuites judiciaires engagées à l’encontre de tous ceux qui ont lutté contre la loi travail et pour défendre leurs conditions de travail à la SNCF ».

Contactée, la SNCF n’a pas souhaité faire de commentaire.

« Même en 1995, alors que le mouvement était plus fort et les cheminots plus agressifs, il n’y a jamais eu de sanctions comme aujourd’hui », dit à l’AFP Alain Leclercq, délégué du personnel dans le Nord et élu au CCE du groupe, convoqué lui-même jeudi en conseil de discipline.

Pour le soutenir, SUD-rail a appelé à un rassemblement à la mi-journée près de la gare de l’Est à Paris.

Le syndicaliste risque une mise à pied de quatre jours et un « dernier avertissement ». Il avait le 6 juin participé à un rassemblement à Lille, avec barrage bloquant. Il lui est reproché d’avoir empêché des non-grévistes d’aller travailler et d’avoir divulgué des informations confidentielles en décrivant, devant une caméra de télévision, la fonction du centre informatique national Socrate de la SNCF. Ce qu’il nie.

« Depuis 2007, je dérange », explique le syndicaliste, très investi dans les questions de sécurité et santé et qui a saisi en 2015 les prud’hommes pour discrimination syndicale.

Côté judiciaire, un militant de SUD-rail a fait appel de sa condamnation, le 27 septembre à Amiens, à six mois avec sursis pour l’incendie de pneus, et plus de 60.000 euros d’amende (solidairement avec trois autres prévenus) pour les dégâts provoqués sur la chaussée. A Lille, cinq manifestants ont écopé de sursis pour avoir participé à un barrage routier en brûlant des pneus, dont un militant CGT.

« Notre crainte était qu’avec les mois de mobilisation contre la loi travail, les choses se détériorent, on le constate », affirme Céline Verzeletti, en charge du sujet à la CGT. Selon elle, « après les propos stigmatisants du Medef et du gouvernement, certains qui avaient déjà un peu de mal à appliquer le droit se sentent encore plus autorisés à traiter les syndicalistes comme des voyous ».

La CGT a lancé en septembre une enquête pour « quantifier précisément » les sanctions ou entraves visant ses militants.

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