Face à la crise, Bertrand plaide pour « zéro charges » pour l’embauche d’un jeune en CDI

LILLE, 14 juin 2020 (AFP) – Xavier Bertrand, président (ex-LR) de la région Hauts-de-France, a plaidé dimanche sur BFMTV pour que, face à la crise économique et sociale, l’Etat mette en place un dispositif « zéro charges » pour la première embauche d’un jeune en CDI.

« La priorité », ce sont les jeunes, a-t-il déclaré en demandant « que l’Etat, pendant un certain nombre de mois, prenne en charge les charges et qu’on puisse avoir zéro charges pour un jeune qui serait recruté en CDI ».

Il a précisé qu’il visait « l’ensemble des charges, qu’elles soient salariales ou patronales ».

Xavier Bertrand a par ailleurs dénoncé le « chantage » de la « modération salariale » proposée parfois pour la sauvegarde de l’emploi dans certaines entreprises.

« Ceux qui proposent ça sont des inconscients (…) Quand vous entendez un ministre ou un chef d’entreprise » avancer ces arguments, on a « envie de lui dire +eh coco, tu prends ma place et ma paye pendant six mois, tu retournes (ensuite) à la télé et on verra si t’es d’accord pour la modération salariale+ ».

« La modération salariale, c’est impensable et puis c’est toujours pour les petits salaires. Je me battrai contre de telles décisions. Non seulement c’est une faute morale mais c’est un erreur économique » car « si les gens ont moins, ils ne vont pas pouvoir dépenser », a-t-il ajouté.

S’agissant du « plan de relance » de l’exécutif, M. Bertrand a estimé qu’il fallait plutôt parler de « plan de sauvetage » et de « reconstruction ». « Et là, très clairement, ce n’est pas le mois de septembre qu’il faut attendre » pour le mettre en oeuvre.

« Quand l’Etat a joué les pompiers, il a plutôt bien fait le job », a-t-il souligné, saluant au passage « le travail » du ministre de l’Economie Bruno Le Maire.

Mais désormais, ce n’est « plus un rôle de pompier qu’il faut jouer » mais « d’architecte ». « Pour sauver notre économie, il faut faire bosser ensemble les très grandes entreprises et les plus petites. Il nous faut des plans pour les cols bleus aussi ».

M. Bertrand a en outre demandé l’abandon pur et simple de la réforme de l’assurance chômage. « Ce serait une erreur sans nom » de la maintenir. « Cette réforme-là ne peut pas voir le jour. Vous allez précariser les Français » alors qu’aujourd’hui, « il faut sauver l’économie et protéger les gens ».

Même verdict pour la réforme des retraites préparée par le gouvernement, sans « courage » ni « justice » et qui « ne répond pas aux enjeux d’aujourd’hui ».

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