Ferroviaire: la CGT-Cheminots s’oppose à un accord de branche signé par l’Unsa et la CFDT

PARIS, 4 février 2020 (AFP) – La CGT-Cheminots, premier syndicat de la branche ferroviaire, a annoncé mardi qu’elle faisait valoir son droit d’opposition à un accord de branche qu’elle juge « trop bas » et qui a déjà été signé en janvier par l’Unsa ferroviaire et la CFDT-Cheminots.

Portant sur les classifications des métiers et les rémunérations au sein de la branche ferroviaire, dont la convention collective nationale est en cours de construction, ce « texte vise à raboter les droits des cheminots », critique dans un communiqué la fédération CGT des cheminots.

« Non seulement la CGT a décidé de ne pas le signer mais, face aux reculs qu’il représente, elle a fait valoir son droit d’opposition pour empêcher sa validation », indique le syndicat. « Nous exigeons la réouverture de négociations sur un contenu complètement différent de celui que le patronat a proposé », ajoute la CGT.

FO-Cheminots, 5e syndicat de la branche, avait déjà annoncé vendredi qu’elle faisait valoir son droit d’opposition à cet accord, en estimant « évident » qu’il allait « provoquer une dégradation de la situation des salariés » du rail.

Mais la CGT et FO ne peuvent pas à elles seules bloquer ce texte. Car si un accord de branche peut être validé par la signature de syndicats représentatifs totalisant plus de 30% de représentativité des salariés de cette branche, le texte ne peut être invalidé que par l’opposition d’organisations représentatives comptant plus de 50% de représentativité.

Avec respectivement 34,49% et 9,25% de représentativité dans la branche ferroviaire, la CGT et FO ont donc besoin du renfort de SUD-Rail, 3e syndicat, fort de 16,87%.

La balle est désormais dans le camp de SUD-Rail, dont « la décision sera prise le 11 février » par son conseil fédéral, a indiqué à l’AFP Fabien Dumas, l’un de ses secrétaires fédéraux.

« Si SUD-Rail fait aussi » valoir son droit d’opposition, « le texte sera annulé et nous pourrons alors exiger un autre projet, plus conforme aux intérêts des salariés », souligne dans son communiqué la CGT-Cheminots.

La semaine dernière, Sébastien Mariani, secrétaire général adjoint de la CFDT-Cheminots (4e syndicat), avait considéré dans un tweet que ceux qui s’opposeraient au texte « prendraient une lourde responsabilité » en « privant les cheminots de nouveaux droits et protections ».

L’Unsa ferroviaire (2e syndicat) avait estimé en janvier que cet accord « garantissait des droits nouveaux pour l’ensemble des salariés » de la branche.

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