Fichage à France Télévisions: 200 salariés saisissent les prud’hommes

  PARIS, 13 janvier 2016 (AFP) – Le syndicat SNJ de France Télévisions a annoncé mercredi que plus de 200 salariés du groupe avaient saisi les prud’hommes pour avoir accès aux « fiches » secrètes d’évaluation mises en place par l’ancienne direction.

« Soutenue par les syndicats CFDT, SNJ, CGC et SUD, la procédure, qui rassemble des salariés du siège, de régions et d’Outre-mer, fait suite à la découverte en août 2015 de l’existence depuis avril 2014 d’un système occulte de fichage généralisé des salariés destiné à les évaluer », indique le communiqué syndical.

Contactée par l’AFP, la direction de France Télévisions n’a pas souhaité commenter cette annonce.

L’existence de ces fiches, comportant parfois des commentaires extrêmement sévères sur le comportement des salariés, avait été rendue publique par FO l’été dernier, faisant monter au créneau tous les syndicats du groupe audiovisuel.

La nouvelle direction avait reconnu l’existence de ces fiches, dont « ni les salariés, ni les organisations syndicales n'(avaient) été informés », contrairement à la réglementation.

Elle avait annoncé aux syndicats en septembre l’abandon de ce dispositif et « invité » à la « destruction » de ces documents.

Trois syndicats (CFDT, SNJ et CGC) avaient alors saisi le tribunal de grande instance de Paris qui avait interdit à France Télévisions de détruire ces documents.

La direction avait pris acte de cette décision et s’était engagée, selon le communiqué du SNJ, « à procéder à la restitution de ces fiches à l’occasion des entretiens annuels ».

« Les salariés qui, depuis cette date, ont réclamé ces documents durant leurs entretiens ont essuyé des refus », assure le syndicat qui « n’accepte pas de considérer qu’il ne s’est rien passé ».

« Ces appréciations négatives méconnues ont eu un impact sur le déroulement de carrière de certains salariés. Ils en demandent réparation », déplore-t-il dans le communiqué.

« Au-delà des cas individuels sur lesquels la justice devra se prononcer, c’est la méthode indigne qu’ont subie les salariés de France Télévisions que nous espérons voir condamner », écrit le SNJ.

sr-tsz/na/epe/nm