Fin de grève dans une clinique de Tarbes, après deux mois de conflit

 TARBES, 10 janvier 2017 (AFP) – Les grévistes de la polyclinique de l’Ormeau à Tarbes, en grève depuis plus de deux mois, ont voté mardi matin la fin du plus long conflit touchant un établissement de santé en France, a-t-on appris auprès de la CGT.

Un protocole d’accord de fin de conflit, améliorant les salaires et les conditions de travail, a été adopté en assemblée générale par la totalité des 140 présents, selon le décompte des votes obtenu sur place par un correspondant de l’AFP.

Les grévistes reprendront le travail ce jeudi dans cette clinique appartenant au groupe Médipôle partenaires.

L’accord longuement discuté lors de 18 réunions de négociations a été obtenu au terme d’une ultime série de navettes entre la direction et les syndicats jusque tard lundi soir.

Débutée le 8 novembre, la grève, qui a touché 63 jours durant entre 45 et 60% des salariés selon les sources, était la plus longue touchant un établissement de santé en France, selon la CGT.

Selon la fédération CGT de la santé et de l’action sociale, l’accord valide notamment « une prime pérenne de 700 euros (bruts) pour tous les salarié-e-s de l’établissement », quel que soit le temps de travail, ce que les grévistes réclamaient encore lundi soir.

Les grévistes avaient en revanche déjà renoncé au versement rétroactif de cette prime annuelle pour 2016.

Le texte comprend également « des mesures en termes d’amélioration des conditions et d’organisation du travail avec la prise en compte de toutes leurs revendications », sur le temps de travail de nuit ou les temps de pause notamment, se félicite encore le syndicat dans un communiqué.

Dans cette clinique d’une capacité de 300 lits et de 500 salariés, les grévistes se plaignaient en particulier d’une « marchandisation des soins » avec les salaires les plus bas du groupe Médipôle partenaires et une politique de rendement, selon eux.

Interrogée par l’AFP, la direction n’avait pas immédiatement commenté l’issue du conflit. Mais elle avait annoncé lundi soir avoir levé les derniers blocages et fait des « efforts financiers massifs, plus des deux tiers des résultats d’exploitation de la clinique » en 2016.

« La clinique prend ses responsabilités vis-à-vis du patient qui doit prévaloir », avait ajouté une porte-parole par téléphone à l’AFP.

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