Fin de la grève des éboueurs à Lyon

LYON, 18 avril 2019 (AFP) – Les éboueurs de l’entreprise Pizzorno ont mis fin jeudi soir à leur grève, un accord ayant été conclu avec la direction quelques heures après l’obtention d’une décision de justice favorable aux salariés, a-t-on appris de sources concordantes.

« Enfin, au bout du quinzième jour de grève, on obtient plus de sécurité et une prime », dont le montant n’a pas été dévoilé, a déclaré à l’AFP le délégué syndical Solidaires, Judicaël Dissaké.

Un porte-parole de la direction a confirmé à l’AFP la fin de la grève mais n’a pas souhaité s’exprimer sur le protocole d’accord conclu avec les salariés.

Selon le syndicaliste, la décision de justice obtenue plus tôt dans la journée leur a permis d’être « en position de force ».

En fin de matinée, le tribunal de grande instance de Lyon avait débouté la direction de Pizzorno qui réclamait en référé l’évacuation du piquet de grève du site de Vénissieux (Rhône) et reprochait à dix grévistes une « entrave à la liberté de travail ».

Les juges ont considéré que la grève, qui a débuté le 2 avril, pouvait continuer et qu’aucun blocage excessif n’avait lieu.

Une nouvelle réunion de négociation s’est tenue dans l’après-midi.

Le protocole d’accord prévoit notamment une prime mensuelle, selon le syndicat Solidaires, ainsi que la fourniture d’un équipement « de qualité » et du « matériel adapté » aux rippeurs. Les camions-bennes seront aussi équipés d’interphone permettant une communication entre les conducteurs et les éboueurs.

Aucune sanction ne sera engagée contre les grévistes, dont une partie des jours de grève seront payés tandis que le reste sera lissé jusqu’en septembre, a ajouté le représentant Solidaires Rhône, Didier Goncalves, saluant « une victoire pour les salariés ».

Des éboueurs du groupe Pizzorno Environnement, chargé depuis 2017 de la collecte des ordures ménagères à Lyon et Villeurbanne, étaient en grève pour réclamer une revalorisation salariale de 300 euros et des améliorations de leurs conditions de travail.

Leurs homologues employés par la métropole de Lyon avaient, eux, cessé le travail entre le 19 mars et le 5 avril. Ils avaient obtenu une augmentation comprise entre 82 euros et 159 euros brut par mois et le recrutement de 20 éboueurs avant le 1er juillet.

La métropole a indiqué dans un communiqué que la société Pizzorno s’était « engagée à conduire des opérations de rattrapage vendredi et samedi pour un retour à la normale en fin de semaine ».

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