Fin des négociations sur le forfait jour à la SNCF

PARIS, 2 mars 2017 (AFP) – La SNCF a transmis jeudi un projet d’accord sur la création d’un forfait jours ouvert aux 30.000 cadres et agents de maîtrise, laissant aux syndicats jusqu’au 17 mars pour se prononcer, a-t-on appris de sources concordantes.

Le sort du texte repose sur l’Unsa et la CFDT, majoritaires dans l’encadrement. La CGT et SUD, premier et troisième syndicats à la SNCF, sont opposés au principe d’un dispositif qui, selon eux, ne règle pas le problème des « dépassements d’horaires endémiques ».

Dans ce régime dérogatoire, réservé aux salariés « autonomes », le temps de travail n’est plus décompté en heures mais en jours, supprimant ainsi le paiement des heures supplémentaires.

Il permet à l’entreprise de sécuriser juridiquement le cadre de travail de ces salariés, alors qu’un cabinet d’expertise a récemment mis en lumière le travail « excessif » de certains cadres cheminots effectuant jusqu’à 65 heures par semaine.

Selon le texte remis jeudi, dont l’AFP a eu copie, les agents des directions centrales et régionales travailleront 210 jours par an, contre 214 actuellement. Les encadrants de terrain continueront à travailler 205 jours et bénéficieront d’une « prime d’autonomie » (plus de 50 à 100 euros nets mensuels, selon la direction).

Les premiers pourront « monétiser » les 4 jours de repos gagnés dans un compte épargne-temps et les seconds, convertir l’indemnité en repos (4 jours supplémentaires).

« Ce sont des avancées que nous avons souhaité équitables entre les différentes populations » éligibles au forfait, qui « voient leur situation améliorée par rapport à l’existant », a commenté auprès de l’AFP Jean-Marc Ambrosini, le DRH de la SNCF.

Saluant une amélioration substantielle du montant de l’indemnité, l’Unsa s’est néanmoins déclarée « toujours très inquiète sur la mise en application » du dispositif.

Son représentant Benoît Vienne souligne notamment que les outils de mesure de la charge de travail « ne sont pas prêts », ce qui fait craindre d’éventuelles « dérives », et que les syndicats n’ont pas connaissance du futur avenant proposé aux salariés éligibles.

Il n’est « pas question de donner un blanc-seing » à la direction, prévient-il. Le syndicat va consulter ses adhérents avant d’arrêter sa position le 15 mars.

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