Financement de la dépendance: le gouvernement lance lundi une concertation

PARIS, 25 septembre 2018 (AFP) – Le gouvernement va s’atteler lundi au prochain grand chantier social du quinquennat, avec le lancement d’une « concertation » devant mener avant fin 2019 à une loi sur le financement de la dépendance.

« Nous ouvrons une grande concertation sur la dépendance. Cela vise notamment, à terme, à faire en sorte que la dépendance soit mieux prise en charge par la collectivité nationale », a précisé mardi la ministre des Solidarités, Agnès Buzyn, lors de la présentation à la presse du budget 2019 de la « Sécu ».

« Ca va concerner toutes les personnes âgées que nous serons demain, et celles d’aujourd’hui (…) qui ont peur de tomber dans la dépendance, avec les frais que cela engendre », a-t-elle ajouté.

Mme Buzyn doit préciser lundi les modalités de cette concertation – dont le pilotage a été confié à Dominique Libault, président du Haut conseil du financement de la protection sociale.

Le processus associera les principaux acteurs du secteur – représentants des retraités, des établissements spécialisés, des associations -, ainsi que des « citoyens », a-t-on précisé dans l’entourage de la ministre.

Le président Emmanuel Macron avait annoncé en juin le principe d’une future loi sur la dépendance, posant ainsi les premiers jalons d’un chantier d’ampleur pour faire face au vieillissement de la population, dont le coût a déjà fait reculer plus d’un gouvernement.

La France ne peut « différer plus longtemps la réponse en matière de dépendance », avait souligné le chef de l’État.

D’ici à 2050, la France comptera près de 5 millions de plus de 85 ans, contre 1,5 aujourd’hui. Face à ce choc démographique, les dépenses liées à la dépendance, estimées aujourd’hui à près 30 milliards d’euros annuels (24 milliards d’euros en dépenses publiques, le reste reposant sur les ménages), pourraient exploser.

Déjà en avril, le président avait pris « l’engagement solennel » de « construire un financement pérenne » de la dépendance.

« Cette grande transformation ne se fera pas du jour au lendemain », a-t-il précisé en juin, souhaitant « un débat national » qui mobilise « l’ensemble des acteurs de la solidarité familiale, collective, sociale ».

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