Financement des maisons de retraite: Pierre Ricordeau nommé médiateur (Buzyn)

PARIS, 30 janvier 2018 (AFP) – La ministre de la Santé Agnès Buzyn va nommer « très prochainement » l’inspecteur général des affaires sociales, Pierre Ricordeau, comme médiateur, pour « expertiser » les effets de la réforme controversée du financement des maisons de retraite, a-t-elle annoncé mardi à l’Assemblée.

« La réforme de la tarification initiée en 2017 sera maintenue » a redit la ministre, interrogée à plusieurs reprises, lors des questions au gouvernement, sur la situation des Ehpad (établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes), au coeur d’une journée de mobilisation inédite mardi.

Cette réforme, qui vise à faire converger progressivement, de 2017 à 2023, les budgets des Ehpad publics et privés sur les enveloppes « soins » et « dépendance », sera accompagné d’une augmentation des « crédits alloués aux soins de 400 millions d’euros », a rappelé la ministre.

En outre, « je nommerai très prochainement un inspecteur de l’Igas (Inspection générale des affaires sociales), monsieur Pierre Ricordeau, médiateur », a annoncé Mme Buzyn.

Il sera chargé d' »expertiser les appréciations divergentes entre certains départements, certaines fédérations, et les services du ministère, sur les conditions de déploiement et les conséquences budgétaires de la réforme », a expliqué la ministre.

« Je propose que ce médiateur examine la situation effective rencontrée dans quelques départements (…) qu’il me fasse remonter ses remarques, les difficultés, et surtout des propositions pour adapter la réforme aux réalités de terrain », a-t-elle développé.

« Les effets de la réforme de la tarification dépendent aussi de la manière dont les départements appliquent le texte et financent leur part », a poursuivi la ministre.

La fronde contre la réforme est notamment menée par la Fédération hospitalière de France (FHF), qui estime que le nouveau mode de calcul des budgets « dépendance » (couvrant les prestations d’aide et de surveillance) va faire perdre 200 millions d’euros en sept ans aux établissements publics, et obliger de nombreuses structures en difficultés à réduire leur personnel.

La Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) estime pour sa part la perte du secteur public sur la partie dépendance à 65,6 millions d’euros, compensée par les gains sur les budgets « soins ».

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