Florange: les promesses et ce qu’il en est advenu

PARIS, 17 octobre 2016 (AFP) – Le site sidérurgique de Florange où François Hollande se rend lundi avait été l’un des points chauds de la campagne présidentielle de 2012: Hollande et Sarkozy y avaient pris des engagements. Rappel des promesses et de ce qui a suivi.

– Promesses de candidats –

Le candidat socialiste à la présidentielle se rend le 24 février 2012 à Florange (Moselle), site du géant mondial de l’acier ArcelorMittal, pour exprimer sa « solidarité » aux métallos face aux « promesses non tenues » du président sortant Nicolas Sarkozy, à savoir la fermeture du site ArcelorMittal de Gandrange, à 5 km de là.

François Hollande harangue du haut d’un camion les salariés désespérés et promet une loi obligeant un industriel se désengageant d’une usine française à la céder à un repreneur.

Nicolas Sarkozy contre-attaque quelques jours après: il « ne voit pas l’intérêt » de la proposition de son adversaire et préfère « une autre solution ». Le 1er mars 2012, il annonce qu’ArcelorMittal investira « 17 millions d’euros à Florange ». Scepticisme des syndicats. Environ 200 métallos manifestent le 15 mars devant le QG du président-candidat.

– Bras de fer –

Nouvellement élu, François Hollande reçoit l’intersyndicale d’ArcelorMittal à l’Elysée, le 4 juin 2012. Son ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, annonce la mise en place d’une « mission d’expertise » qui conclut en juillet que le site est viable à condition d’y investir 500 millions d’euros.

ArcelorMittal engage la partie de bras de fer avec syndicats et gouvernement en annonçant le 1er octobre la fermeture d’une partie du site: 629 salariés sur les 2.500 du site sont concernés. Le groupe donne 60 jours au gouvernement pour trouver un repreneur.

Les syndicats dénoncent un « démantèlement ». Montebourg lance en novembre la piste d’une nationalisation temporaire en attendant un repreneur.

– L’issue –

Hollande reçoit le PDG du groupe, Lakshmi Mittal, pour lui demander de poursuivre les discussions « jusqu’au terme du délai convenu pour trouver un éventuel repreneur », le 1er décembre.

L’exécutif finit par écarter l’option d’une nationalisation transitoire et conclut le 6 décembre 2012 un accord avec Mittal qui s’engage à investir 180 millions d’euros sur cinq ans sur le site mais qui y fermera les deux hauts-fourneaux.

Florange conservera ses activités « à froid » (packaging et automobile) et aucun licenciement sec n’interviendra pour les 629 salariés. Le chef de l’Etat se dit « garant » de l’accord et promet de retourner à Florange.

– Trahison –

Les syndicats se sentent trahis alors que pour eux l’activité sidérurgique de Florange était viable. Le 24 avril 2013 les hauts-fourneaux commencent à être éteints.

Des responsables locaux du syndicat FO y déposent une stèle symbolique en mémoire des « promesses non tenues » et de la « trahison » du président Hollande. Elle rappelle celle érigée en 2009 pour Nicolas Sarkozy après la fermeture de l’aciérie de Gandrange.

Hollande fait son retour le 26 septembre 2013 à Florange, sous les sifflets des ouvriers. Il promet l’installation d’un centre de recherches et une visite annuelle.

doc-ot/alc/tes