Fnac-Beaugrenelle : la CGT demande au PDG le reclassement des salariés en interne

PARIS, 22 juillet 2016 (AFP) – La CGT Fnac-Paris demande le reclassement en interne des salariés du magasin du centre commercial parisien Beaugrenelle que l’enseigne doit céder, condition de l’Autorité de la concurrence au rachat de Darty, en invoquant la « responsabilité sociale » de son PDG, a-t-on appris vendredi de source syndicale.

Dans un courrier adressé à la direction de la Fnac, consulté par l’AFP, le syndicat demande l’ouverture d’une négociation « afin de permettre et d’encadrer le reclassement interne » des 68 salariés de la Fnac-Beaugrenelle (XVe arrondissement).

Le régulateur français de la concurrence a annoncé lundi qu’il autorisait le projet de rachat de l’enseigne d’électroménager Darty à condition que la Fnac cède six magasins en région parisienne (cinq Darty et un Fnac).

Pour la CGT, ce qui est présenté comme une « cession » est « en réalité une fermeture effective d’un établissement » et « se doit d’être traitée comme telle au regard des conséquences sur les emplois des salariés ». Le syndicat demande leur reclassement interne et « plus particulièrement au sein des établissements de la société Fnac-Paris ».

Dans un communiqué, le syndicat s’interroge par ailleurs sur la « multiplication des décisions prises par les pouvoirs publics en faveur des intérêts personnels » du PDG du groupe, Alexandre Bompard, dont le pouvoir « ne semble avoir aucune limite » et dont la « responsabilité sociale n’en est que plus engagée ».

Le syndicat évoque la décision de l’Autorité de la concurrence portant sur cinq cessions, « loin des 20 à 40 fermetures de magasins » redoutées. Il cite l’introduction dans la loi travail du référendum d’entreprise, « moins d’une semaine » après l’annonce par les syndicats CGT, SUD et FO qu’ils feraient opposition à l’accord sur le travail dominical et en soirée conclu à la Fnac.

Il mentionne aussi la localisation des zones touristiques internationales (ZTI) à Paris, qui recouvrent tous les magasins de l’enseigne, et rappelle l’amendement dit Bompard, introduit au Sénat lors de l’examen de la loi Macron en mai 2015. Finalement repoussé par l’Assemblée, il autorisait les commerces de détail de biens culturels à déroger à la règle du repos dominical.

Pour sa décision, l’Autorité de la concurrence a expliqué avoir pour la première fois pris en compte la distribution sur internet dans son évaluation.

sp/db/phc/gib