Fnac Darty: la CGT alerte sur la situation du groupe

PARIS, 28 février 2017 (AFP) – La CGT de la Fnac, qui craint une « casse sociale » à la suite du rapprochement avec Darty, a alerté mardi sur la situation du groupe, dénonçant une vision financière « à court terme » au détriment d’une stratégie commerciale.

« Aujourd’hui, la Fnac ne dégage du résultat que par les économies qu’elle opère », notamment sur les effectifs, « et non par la stratégie commerciale », a déclaré Eric Pilongéry, membre CGT du comité de groupe, lors d’une conférence de presse tenue à l’occasion de la présentation des résultats annuels du groupe. Fnac Darty a fait état d’un résultat à l’équilibre (zéro) en 2016, pénalisé par l’acquisition de Darty, mais des ventes et une rentabilité en hausse.

Souhaitant donner des « clés de lecture » de ces résultats 2016, la CGT a fait valoir qu’au-delà des « gains d’efficacité opérationnelle », les résultats positifs présentés l’an dernier pour 2015 étaient aussi à mettre au crédit d’un « changement de méthode comptable », un « jonglage financier » visant à les améliorer.

A la Fnac, « 19% de CDI, équivalent à 1.350 postes » ont été supprimés en quatre ans dans les magasins, selon les chiffres du syndicat qui a dénoncé beaucoup de départs non remplacés.

Or, le rapprochement avec Darty, racheté par le distributeur de produits culturels en juillet, doit se traduire par des synergies à hauteur de 130 millions d’euros chaque année, d’où l’inquiétude d’une « casse sociale » à venir à la Fnac (8.816 salariés en France) et chez Darty (10.337 salariés).

La première étape, la fusion des deux sièges, devrait aboutir à la suppression de plusieurs centaines de postes. Des annonces sont attendues en mars.

Au-delà, dans les métiers où existent des doublons, Boris Lacharme, délégué syndical central, a cité ceux de la logistique (850 salariés en CDI à la Fnac et jusqu’à 1.500 en fin d’année via recours à l’intérim), « un projet à deux ans » selon l’analyse de la CGT.

Quant aux magasins, le syndicat s’inquiète de leur pérennité, et donc de l’emploi. « On voudrait un engagement sur cinq ans qui dise que les deux enseignes vont perdurer, avec des produits distincts », a souligné M. Pilongéry, une « stratégie pluri-annuelle » a renchéri M. Lacharme, mais « c’est ce qu’on n’a pas (à la Fnac) depuis des années », a-t-il ajouté.

Le syndicat a aussi insisté sur la rémunération des dirigeants de la Fnac, « 27 millions d’euros » en 2015 « à mettre en parallèle » avec les 85 millions d’euros du résultat opérationnel courant.

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