FO devient le premier syndicat d’Air France

PARIS, 11 mars 2019 (AFP) – Après quatre années de turbulences sociales, FO, allié au syndicat d’hôtesses et stewards SNPNC, a pris la première place dans la hiérarchie syndicale à l’occasion des élections professionnelles à Air France, tandis que le syndicat de pilotes SNPL est sorti renforcé.

Le taux de participation lors de ce scrutin a atteint 76,53%, davantage que les 70% enregistrés quatre ans plus tôt, selon les résultats définitifs dont l’AFP a obtenu copie lundi soir.

Les craintes de certaines organisations syndicales de voir la participation pâtir du passage au vote électronique ne se sont donc pas vérifiées: les quelque 45.000 salariés d’Air France se sont massivement mobilisés pour ces élections entamées mi-février, qui permettent de constituer 7 comités sociaux et économiques (CSE), remplaçants des anciens comités d’entreprises (CE).

Avec 21,3%, FO/SNPNC gagne plus de 5 points et détrône la CFE-CGC/Unac, qui devient 3e avec 14,43% (-4 points).

La CFDT/UNPNC se place 2e avec 16,43%, soit un gain de 3 points. L’Unsa Aérien (4e) faiblit légèrement, cédant 2 points pour atteindre 13,28%.

Grande nouveauté, la CGT, qui avait déjà connu un recul historique en 2015 en passant de la première à la 4e place, n’est plus représentative au niveau de l’entreprise. Avec 9,25% (-5 points), elle échoue à franchir la barre des 10%.

Les syndicats de pilotes SNPL, Spaf et, pour la première fois, Alter, qui ont recueilli respectivement 76,48% (+11 points), 12,25% (-8 points) et 10,69% (+1 point) au sein de leur collège, sont eux représentatifs.

Air France conserve donc 7 syndicats représentatifs au niveau de l’entreprise. Sud Aérien, en léger recul (5,98%, -2 points), n’en fait pas partie.

Christophe Malloggi, secrétaire général de FO-Air France interrogé par l’AFP, s’est dit « fier de ces résultats », dans lesquels il voit « la reconnaissance de tous les combats qui ont mené par exemple aux augmentations salariales » et d’une stratégie ne consistant « ni à tout signer, ni à ne rien signer ».

En octobre 2018, après des années de gel des grilles salariales, quinze journées de grève de février à mai et le départ d’un PDG, un accord intercatégoriel pour tout le personnel d’Air France avait été conclu, comprenant une hausse générale de 2% pour 2018 et 2% pour 2019. Plusieurs syndicats dont FO l’avaient signé, mais pas la CGT.

« Reste maintenant à voir comment vont se faire les alliances au niveau des établissements », a souligné M. Malloggi. Jusqu’ici, la CGT détenait le plus grand nombre de sièges au sein des CE.

« Nous sommes très satisfaits de ce résultat qui s’inscrit dans la dynamique de la dernière consultation et confirme la forte représentativité du SNPL », a déclaré à l’AFP Guillaume Schmid, vice-président du SNPL Air France.

En février, lors d’une consultation lancée par le syndicat, les pilotes s’étaient prononcés à plus de 85% en faveur de la signature d’un accord catégoriel avec la direction, marquant la fin d’un conflit social dur.

Dans la communication interne consultée par l’AFP, la directrice générale d’Air France, Anne Rigail, a de son côté félicité les nouveaux élus. « Nous allons pouvoir collectivement bâtir un dialogue social constructif, afin de faire face aux défis auxquels Air France est confrontée », a-t-elle affirmé.

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