FO manque l’occasion de mettre une femme à sa tête

PARIS, 21 novembre 2018 (AFP) – L’élection mercredi ou jeudi du secrétaire général de Force ouvrière se fera entre trois hommes, aucune responsable ne s’étant présentée à la tête de ce syndicat dont les instances dirigeantes sont très largement masculines.

Actuellement, les organisations syndicales et patronales (CGT, CFDT, CFTC, CFE-CGC, Medef, U2P, CPME) représentatives sont toutes dirigées par des hommes.

Le remplacement de Pascal Pavageau aurait pu faire évoluer la situation, mais dès le début de la crise mi-octobre, les cadres de FO interrogés par l’AFP partaient du principe qu’il serait remplacé par un homme.

Interrogé sur l’éventualité qu’une femme se présente, un haut dirigeant, un peu gêné, a répondu: « les syndicalistes sont comme les anges: ils n’ont pas de sexe ».

Contrairement à la CGT ou la CFDT, FO refuse de mettre en place des règles de parité au sein de ses instances dirigeantes.

Pascal Pavageau avait tenu un discours volontariste dès son élection en avril, mais dans les faits, la situation n’a pas évolué sous sa direction: la Commission exécutive confédérale (direction élargie), élue en avril, est composée de 33 hommes … et deux femmes.

Le Bureau confédéral (direction), également élu en avril, est constitué de huit hommes et cinq femmes, hormis le futur numéro un.

Lors de son congrès en juin, reconnaissant que la place des femmes dans ses instances dirigeantes était insuffisante, la CFDT a mis en place des règles de parité pour sa direction élargie, composée désormais de 19 femmes sur 21 hommes. La direction restreinte de ce syndicat –le tout premier à avoir été dirigé par une femme (Nicole Notat, de 1992 à 2002)– est composée de cinq femmes et cinq hommes (dont Laurent Berger).

La CGT a imposé des règles de parité au sommet dès 1999: 5 femmes et 5 hommes au Bureau confédéral, 25 femmes et 25 hommes à la Commission exécutive confédérale.

A la CFTC et à la CFE-CGC — dirigée par une femme entre 2013 et 2015, Carole Couvert–, on reconnaît que « c’est un problème », mais aucune règle de parité n’existe.

Les syndicats non représentatifs apparaissent plus ouverts: avec Bernadette Groison, à la tête de la FSU, ou le binôme mixte Cécile Gondard-Lalanne/Eric Beynel chez Solidaires, après Annick Coupé.

Les syndicats représentatifs comptent à peu près autant d’adhérentes que d’adhérents.

Au-delà d’une politique volontariste, les experts du secteur et les syndicalistes expliquent ce plafond de verre par plusieurs facteurs, notamment par le fait que les syndicats les plus puissants restent des bastions masculins (métallurgie, sidérurgie…). Le triple agenda pour les femmes (famille, travail, militantisme), aggravé par les traditionnelles réunions tardives, entraîne également un important turnover.

bow/cel/sma