Fonction publique: agenda de rentrée chargé, inquiétudes syndicales sur l’emploi et les salaires

PARIS, 21 juillet 2016 (AFP) – Les syndicats de la fonction publique (FP) évoquent jeudi un agenda de rentrée « chargé » qui risque d’être expédié à dix mois de l’élection présidentielle et des inquiétudes sur l’emploi et les salaires.

« Les portes restent fermées à nos revendications sur bon nombre de points dont le rattrapage des pertes (de pouvoir d’achat, ndlr) et nous n’avons aucune réponse concrète concernant les suites qui seront données au rapport sur le temps de travail ou à l’accès au logement social des agents », a déclaré à l’AFP Jean-Marc Canon, de la CGT de la fonction publique (premier syndicat), reçu mercredi avec l’ensemble des organisations syndicales, à leur demande, par la ministre de la fonction publique Annick Girardin.

M. Canon s’est dit prêt, « dès la rentrée », à « continuer de négocier là où c’est possible » et à « mobiliser là nous ne sommes pas entendus ».

Selon le ministère, la rencontre avec les syndicats a porté sur l’agenda social, resserré entre septembre et décembre, et visait à un « point d’étape » axé sur trois chantiers principaux : la poursuite de l’application du protocole d’accord sur la revalorisation des carrières et des rémunérations décidé en septembre 2015 (PPCR – Parcours Professionnels Carrières Rémunérations), le plan santé/sécurité au travail et le compte personnel de formation qui sera inclus dans le compte personnel d’activité prévu par la loi travail.

« On sent la fin de la mandature et, hormis la déclinaison du PPCR, il n’y a pas grand-chose à attendre », a estimé Christian Grolier de FO (3e syndicat), alors que la ministre s’est dite « déterminée à faire avancer les dossiers ».

A l’instar de l’ensemble des syndicats de la FP, il a jugé « très insuffisante » la revalorisation du point d’indice de 1,2% (qui sert à calculer les rémunérations des fonctionnaires) en deux temps, décidée en mars par le gouvernement, la première depuis 2010. Il a déploré par ailleurs « un manque total de dialogue social » et dit ses inquiétudes concernant « les engagements non tenus eu égard à l’évolution statutaire de certains corps », dont les ingénieurs.

La secrétaire générale de la CFDT (2e syndicat), Mylène Jacquot, favorable à l’application du PPCR – contrairement à la CGT, FO et Solidaires qui l’ont rejeté – a évoqué « une rentrée chargée » et dit sa « vigilance » à ce « que les engagements pris soient respectés ».

La CFDT sera particulièrement attentive à la future « organisation du travail » et à « l’instauration réelle d’un dialogue social avec les employeurs publics au niveau national mais surtout local ». Elle réclame aussi un « bilan » sur la protection sociale complémentaire dont certains agents ne bénéficient pas.

Solidaires s’est inquiété de son côté « des lettres de cadrage adressées aux différentes administrations (54 milliards d’euros d’économies d’ici à fin 2017) qui font craindre des suppressions d’emplois supplémentaires », alors que la droite annonce des coupes franches (de 300.000 à un million de fonctionnaires) dans les effectifs en cas de retour au pouvoir.

Cette union syndicale a exigé un « moratoire sur la question de l’emploi » à la Direction Générale des finances publiques (DGFiP) qui a connu 35.000 suppressions d’emploi depuis 2002.

La Fédération autonome de la fonction publique (FA-FP) a réclamé de son côté « une nouvelle revalorisation du point d’indice en 2017 » et regretté « la traduction a minima des dispositions du PPCR pour les agents de maîtrise et pour l’ensemble des corps et filières atypiques (…) ainsi que la mise en place d’une individualisation des rémunérations au travers du nouveau régime indemnitaire (Rifseep) ».

Ce régime, rejeté par l’ensemble des organisations syndicales lors d’un vote en 2014, à l’exception de la CFE-CGC qui s’est abstenue, « a vocation à devenir le régime de référence en matière indemnitaire », a rappelé la ministre.

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