Fonction publique: les syndicats dépités par les propositions du gouvernement

PARIS, 26 septembre 2017 (AFP) – Les syndicats de la fonction publique ont exprimé mardi leur dépit à l’issue d’une nouvelle réunion avec le ministère des Comptes publics sur les mesures envisagées pour compenser la hausse de la CSG des agents publics, a-t-on appris auprès de leurs représentants.

« C’était une parodie de concertation », a commenté Jean-Marc Canon (CGT) auprès de l’AFP à l’issue de la réunion qui visait à présenter aux syndicats plusieurs pistes, après leur rejet unanime d’un premier scénario présenté le 13 septembre par le ministère.

« On nous a présenté des hypothèses tout en nous annonçant que le ministre avait déjà arbitré en faveur de celle qui nous a déjà été présentée la dernière fois », a-t-il ajouté.

« Il y a un désaccord de fond », a déploré Mylène Jacquot (CFDT). « Le gouvernement est sur une proposition très ferme qui prévoit une compensation de la hausse de la CSG sans gain de pouvoir d’achat, rompant les engagements du président de la République », a-t-elle ajouté.

Christian Grolier (FO) a qualifié de « catastrophique » la réunion, estimant avoir « perdu du temps à discuter de quelque chose qui est déjà arbitré ».

Le 13 septembre, les syndicats avaient rejeté unanimement les premières pistes envisagées par le gouvernement pour compenser la hausse de la CSG: la suppression de la cotisation exceptionnelle de solidarité (CES), de 1% pour les fonctionnaires » et de la cotisation maladie de 0,75% pour les contractuels, ainsi qu’une « indemnité compensatoire au 1er janvier ».

Cette indemnité, envisagée dans un premier temps comme « dégressive », c’est-à-dire diminuant au fur et à mesure que l’agent avance dans sa carrière, serait désormais attribuée en une seule fois et exclut les nouveaux entrants, selon les syndicats.

« Il s’agit d’une indemnité +one shot+ qui ne sera pas compensée dans la durée. Les engagements ne sont une fois de plus pas tenus sur le pouvoir d’achat. C’est autant de potentiel de mobilisation pour le 10 octobre », a estimé M. Grolier.

Les neuf syndicats de la foncton publique ont lancé un appel à la mobilisation et à la grève le 10 octobre pour protester contre les mesures annoncées par le gouvenement les concernant (suppressions de postes, gel du point d’indice, jour de carence…). Cette date avait été retenue auparavant par le gouvernement pour un rendez-vous salarial au cours duquel il devrait annoncer une série de mesures sur le pouvoir d’achat et la rémunération des agents publics.

Interrogé par l’AFP, le ministère a refusé de préciser les mesures présentées mardi, se contentant d’indiquer que « les discussions sont toujours en cours ».

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