Fonction publique : rassemblement devant l’Assemblée nationale pour rejeter la réforme

PARIS, 28 mai 2019 (AFP) – Près de 200 personnes se sont rassemblées mardi à Paris devant l’Assemblée nationale pour réclamer le retrait du projet de loi de « transformation de la fonction publique », qui doit être voté dans l’après-midi, a constaté un journaliste de l’AFP.

Les manifestants s’étaient d’abord réunis devant le ministère de la Santé en fin de matinée, à l’appel de FO, avant de rejoindre un cortège à la mi-journée devant l’Assemblée nationale, à l’appel de sept syndicats (CGT, FSU, Unsa, Solidaires, CFE-CGC, CFDT et FA).

Ils étaient près de 200, arborant des pancartes « Services publics zone à défendre », « Fonctionnaires maltraités, intérêt général en danger » ou encore « CTS (conseillers techniques sportifs, NDLR) à terre, le sport en galère »

Yves Veyrier, le secrétaire général de Force ouvrière, a réclamé que le gouvernement entende le « rejet unanime » de ce texte, « sinon il va se réveiller avec une réalité difficile ».

« A force de ne pas écouter les syndicats, on a eu la crise des +gilets jaunes+. Il y a un véritable danger », a-t-il lancé.

« Ce qui nous manque parfois c’est peut-être le nombre », a-t-il toutefois reconnu. « Si on veut se faire entendre, le moyen le plus efficace, c’est qu’on s’arrête tous ensemble ».

Le projet de loi de « transformation de la fonction publique » entend donner plus de « souplesse » à un secteur souvent « victime de rigidités », prévoyant notamment un recours accru aux contractuels.

« On reste persuadés que les députés vont faire une grave erreur en votant ce texte. Ils ne pourront pas dire qu’ils n’ont pas été prévenus », a lancé la secrétaire générale de la FSU, Bernadette Groison, reconnaissant que « les taux de grévistes ne sont pas importants ».

La dernière mobilisation nationale contre ce projet, le 9 mai, a rassemblé 108.900 personnes selon le ministère de l’Intérieur, 250.000 pour la CGT. A Paris, les manifestants étaient 18.000 à battre le pavé d’après la Place Beauvau, 30.000 selon la CGT.

« Le gouvernement ne doit pas se rassurer » pour autant, car « ce n’est pas parce que les agents ne viennent pas dans les mobilisations qu’ils sont d’accord » avec la réforme, a ajouté Mme Groison.

– « manque de moyens criant » –

Les syndicats de la fonction publique avaient appelé les agents à se mobiliser pendant trois jours, de lundi à mercredi. Les fonctionnaires étaient invités à envoyer lettres et mails aux parlementaires, à se rassembler devant les permanences des députés et à multiplier rencontres et conférences de presse.

D’autres rassemblements ont eu lieu à Rennes et Toulouse, regroupant quelques dizaines d’agents des trois fonctions publiques devant les préfectures.

Dans la ville rose, le délégué CGT du CHU, Julien Terrié, explique qu' »à l’hôpital, le manque de moyens est criant, le sous-effectif c’est notre quotidien », et son homologue de Toulouse Métropole, Mathieu Barrière, affirme qu' »avec la loi des services entiers vont être privatisés ».

Dans la capitale bretonne, Pascal Neveu, agent territorial, déplore qu' »on cherche la rentabilité comme dans le privé, alors que c’est la question du service qui est primordiale, un service public n’a pas de prix ».

Une réunion intersyndicale est déjà prévue à Paris lundi 3 juin pour « tirer le bilan de ces trois jours », a indiqué Luc Farré, secrétaire général de l’Unsa-Fonction publique.

Son organisation « tiendra compte de la mobilisation réelle des agents » et « continuera à porter des choses au Sénat » pour tenter de modifier le contenu du projet de loi, a-t-il prévenu.

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