Fonction publique: regarder la productivité oui, la confondre avec rentabilité non

PARIS, 28 mars 2017 (AFP) – La question de la productivité dans la fonction publique doit être abordée sans être confondue avec celle de la rentabilité, estime l’association des DRH des grandes collectivités dans une adresse aux candidats à l’élection présidentielle publiée mardi.

« Si la productivité dans la fonction publique doit être abordée, elle ne doit pas être confondue avec la rentabilité qui n’a pas de sens pour les services à but non lucratif », déclare l’association qui regroupe 150 Directions des ressources humaines de grandes villes, départements et régions.

« La question de l’efficacité des services publics doit clairement être différenciée de la question des périmètres ou encore de celle du choix de société qui relèvent de la seule décision politique », ajoute-t-elle dans cette adresse.

Elle souhaite néanmoins « rendre plus efficiente » la gestion administrative, dont la « lourdeur coûte cher », au profit d’une « vraie gestion » des agents, de leurs carrières et de la qualité des services publics pour les usagers.

Elle formule une cinquantaine de propositions à cette fin. Parmi elles, la « simplification » et « l’allègement » des procédures administratives, liées notamment à la gestion de carrières des agents ainsi que les éléments de leur rémunération. Elle demande par exemple « la suppression et la refonte » de l’ensemble des indemnités de dédommagement, plus de 150 à ce jour.

L’association revendique aussi une politique qui favorise l’accès aux emplois dans la fonction publique et sa diversité.

Car, explique-t-elle, « l’attractivité de l’emploi public territorial est toute relative, et de réelles difficultés de recrutement sont observées sur certains métiers (médecins, infirmiers, cuisiniers…), particulièrement dans la filière technique (ingénieurs et techniciens bâtiments, travaux publics, informatique…) ».

« La fonction publique territoriale, déplore-t-elle, n’est pas non plus à l’image de la population française » et « dans un contexte où la pyramide des âges est défavorable, et où la moyenne d’âge ne cesse d’augmenter (44,6 ans), les collectivités et établissements publics locaux peinent à recruter des jeunes », souligne-t-elle.

Elle réclame notamment la « diversification des voies d’accès » et notamment une réforme des concours développant des épreuves liées à l’opérationnel ainsi que le recours aux formations en alternance.

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