Fonction publique: un ministère aux pouvoirs élargis pour Amélie de Montchalin

PARIS, 7 juillet 2020 (AFP) – La macroniste de la première heure Amélie de Montchalin a hérité mardi de Gérald Darmanin et d’Olivier Dussopt un ministère de plein droit élargi à la réforme de l’Etat, en plus de la fonction publique, à laquelle elle entend « redonner un nouvel élan ».

Lors de la passation de pouvoirs, la nouvelle ministre de la Transformation et de la Fonction publiques a évoqué le « défi, essentiel et consubstantiel, de donner des moyens, de la capacité d’initiative, du sens » aux fonctionnaires.

« Ils ont plus que jamais besoin de notre reconnaissance, et de notre confiance. Ils ont été, ces 6 millions de personnes, quel que soit leur statut, au coeur de cette crise: ils ont permis à l’Etat de tenir, qu’ils soient soignants, qu’ils soient enseignants, qu’ils soient policiers, militaires, agents des administrations centrale ou déconcentrée, ils sont au service des Français et nous leur devons de leur donner les moyens de pouvoir mener cette action avec toute l’envie de servir qui est la leur », a indiqué la ministre.

Elle a évoqué une mission « immense, d’autant plus que nous sortons d’une crise qui a montré à la fois les forces et les faiblesses de la fonction publique ». « C’est un ministère qui m’est confié pour renforcer les services publics », a-t-elle indiqué.

« Cette fonction publique, cette action publique est au coeur du projet français, c’est elle qui a reconstruit la France quand elle avait été affaiblie au cour des dernières crises, nous devons aujourd’hui la moderniser, la faire rentrer pleinement dans les attentes des Français du 21e siècle et ainsi permettre à la France de rester indépendante et souveraine », a-t-elle poursuivi.

Le nouveau ministère doit quitter la forteresse de Bercy et s’installer dans le quartier des ministères, rue de Lille ou de Babylone dans le 7e arrondissement.

La ministre a sur la table plusieurs dossiers délicats, dont la réforme de l’ENA, au point mort depuis la remise du rapport Thiriez en février dernier, les ordonnances de la loi de transformation de la fonction publique votée en août 2019 et vivement combattue par les syndicats, la réforme de la négociation collective et la santé au travail.

Elle doit aussi fixer un nouveau rendez-vous salarial, alors que la rencontre prévue entre Olivier Dussopt et les syndicats, précisément le jour de son arrivée, mardi 7 juillet, n’a pu se tenir.

Solidaires a d’emblée manifesté lundi soir sa « forte inquiétude » sur l’intitulé « transformation et fonction publiques » jugé « révélateur des volontés du gouvernement », et a réclamé « des moyens humains et matériels ».

La CFDT « espère rencontrer très rapidement » la ministre pour « lui dire l’urgence d’ouvrir des négociations pour construire des mesures en faveur du pouvoir d’achat » notamment.

La Fédération autonome de la fonction publique attend « des actes concrets de revalorisation des agents, pas de pseudo-reconnaissance ».

mpf/cel