Fonctionnaires: boycott syndical contre un projet mené « à la hussarde »

PARIS, 26 février 2019 (AFP) – La quasi-totalité des syndicats de fonctionnaires prévoient de boycotter mercredi le premier des « conseils supérieurs » qui doivent se réunir pour évoquer d’éventuels amendements à un projet de loi sur la fonction publique présenté, selon eux, « à la hussarde ».

Avant un passage en Conseil des ministres fin mars ou début avril en vue d’une adoption prévue avant l’été, le texte, qui s’accompagne d’un volet de 120.000 suppressions de postes, doit encore passer devant les trois conseils supérieurs de la fonction publique (territoriale mercredi, hospitalière le 4 mars, de l’Etat le 5 mars) et en « conseil commun » le 6 mars.

Cinq syndicats sur six de la « territoriale » (CGT, FA-FPT, FO, FSU, SUD), à l’exception de la CFDT, ont prévu de boycotter la première réunion, ont-ils annoncé à l’AFP. Tous protestent, selon un communiqué commun, contre un projet de loi qui « constitue une attaque d’ampleur contre la fonction publique », même si leur avis lors de ces réunions peut être contourné par le gouvernement, qui n’a pas besoin d’un vote positif pour valider son texte.

« Un boycott nous semble plus fort qu’un vote contre », résume Johann Laurency, de la branche territoriale de FO-Fonction publique, qui dénonce un « ersatz de dialogue social ».

A Bercy, on s’attend à ce que le quorum ne soit pas rempli mercredi, tout en constatant qu’il « n’y a pas de forte mobilisation » chez les syndicats, qui n’appellent par exemple pas à la grève contre le texte, qui notamment étend le recours aux contractuels.

La stratégie syndicale consistant à ne pas déposer d’amendements à ce stade, poursuit-on dans l’entourage d’Olivier Dussopt, secrétaire d’Etat en charge de la réforme, est « dangereuse ». Car potentiellement, « ils ne pourront plus déposer du tout d’amendements » alors qu’il y a « plein de marges de négociation ».

En revanche, souffle-t-on à Bercy, si un syndicat « arrive avec uniquement des amendements de suppression, cela signifie qu’ils ne seront pas constructifs ». Ainsi, la fusion des instances de dialogue social dans la fonction publique, un des principaux points d’achoppement, semble intouchable.

Quelle voie reste-t-il, alors, aux syndicats pour faire évoluer le texte? En coulisses, ces derniers font valoir que les boycotts permettent de gagner du temps pour préparer le terrain à un mouvement de grèves et de manifestations.

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