Fonctionnaires: la Cour des comptes propose une meilleure mobilité

PARIS, 11 juillet 2019 (AFP) – La Cour des comptes a proposé jeudi dans un rapport une série de mesures destinées à améliorer l’affectation et la mobilité des fonctionnaires de l’État, afin de mieux répondre aux besoins des usagers.

Chaque année, souligne le rapport, « environ 40.000 fonctionnaires d’État sont recrutés et 150.000 connaissent une mobilité géographique », mais « les mobilités spontanées se font au détriment des zones peu attractives et la place accordée à l’ancienneté et au classement dans les règles d’affectation est trop importante ».

« Les demandes de mobilité sont prioritairement dirigées vers le sud et l’ouest de la France, comme la Cour l’avait déjà constaté dans l’Éducation nationale », poursuit le rapport.

« Cette situation crée des écarts entre les souhaits de mobilité, importants, les mobilités effectives, moins nombreuses, et les besoins des usagers. Elle laisse des postes à pourvoir dans des zones peu attractives ou sur des emplois dont les conditions d’exercice sont difficiles, où sont affectés prioritairement les nouveaux fonctionnaires recrutés, plus jeunes et sans expérience professionnelle », dénonce-t-il.

« Les règles et mécanismes actuels d’affectation et de mobilité créent également de l’insatisfaction chez les fonctionnaires de l’État, au moment de leur première affectation ou lorsque leurs demandes de mobilité ne sont pas satisfaites », ajoute-t-il.

Selon ses auteurs, « la gestion des affectations et de la mobilité doit être revue pour mieux répondre aux besoins des usagers, lutter contre le déficit d’attractivité de certains territoires et emplois, mieux anticiper les besoins et mieux gérer les ressources humaines de l’État ».

Pour la Cour des comptes, il faut d’abord « mieux lutter » contre le déficit d’attractivité de certains territoires et de certains emplois, « notamment par une réforme de l’indemnité de résidence, le recours plus large à des concours nationaux à affectation locale, un élargissement des zones d’affectation et une utilisation plus souple du télétravail ».

Elle préconise également d’adapter les emplois et les compétences en concertation avec les représentants des personnels, et de rendre publiques les prévisions d’évolution à moyen terme des emplois budgétaires.

Enfin estime la Cour des comptes, la gestion des ressources humaines « doit être rendue plus lisible, moins centralisée et plus individualisée ».

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