Fonderie de Bretagne: la CGT critique les propos du PDG de Renault

RENNES, 2 juin 2020 (AFP) – La CGT de la Fonderie de Bretagne a critiqué mardi les propos du président de Renault Jean-Dominique Senard évoquant une « cession » de l’usine située à Caudan (Morbihan) et qui, selon lui, n’a pas « vocation » à rester au sein du groupe automobile.

Vendredi, à l’issue d’un CSE extraordinaire à la sous-préfecture de Lorient, le directeur du site Laurent Galmard avait indiqué que la fonderie ne fermerait pas, avec près de 400 emplois en jeu. Des salariés avaient bloqué toute la semaine l’accès à cette usine, dont une partie a été modernisée après un incendie en 2019.

Mais dimanche, le PDG du constructeur français Jean-Dominique Senard a évoqué la possibilité d’une cession. « Clairement je pense que cette entreprise n’a pas vocation à rester dans le groupe Renault. On a dit clairement que nous allions ouvrir une analyse stratégique sur cette entreprise, et donc parmi les solutions que nous allons discuter (…) la cession en fait partie ».

Dans un communiqué transmis à l’AFP, la CGT (majoritaire) critique les propos de M. Senard.

« Nous comprenons à travers ce message que M. Senard avait pour projet de fermer l’entreprise, mais qu’elle est toujours bel et bien en vie grâce à la mobilisation de ses salariés, des élus locaux, de la préfecture, de la région Bretagne ».

« Nous sommes surpris par cette déclaration erronée. Monsieur Senard parle de changement de motorisation dans les années à venir, ce qui ferait de la Fonderie de Bretagne, une entreprise en difficulté. Il faut rétablir la vérité sur ces propos car nous fabriquons essentiellement des pièces pour châssis et non pour moteurs », explique la CGT, qui se dit « consciente qu’il nous faut du tonnage pour continuer l’activité ».

Le syndicat a fermé la porte à toute reprise du site. « Céder une entreprise Renault à un autre industriel pour faire des pièces Renault est un non-sens car nous l’avons déjà vécu avec ses conséquences ».

Olivier Bourienne, délégué syndical à la CFE-CGC à la FDB, estime que « les salariés ont été soulagés après les annonces de vendredi. Mais ils sont désormais dans l’interrogation suite au propos de M. Senard. On attend beaucoup du groupe de travail sur la revue stratégique », a ajouté M. Bourienne.

La CGT et la CGC ont également indiqué à l’AFP que le travail avait repris mardi matin à la fonderie.

Implantée depuis 1965 à Caudan, la Fonderie de Bretagne, reprise en 2009 par Renault, produit des pièces de fonderie brutes et usinées pour l’industrie automobile.

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