Ford Blanquefort: AG des salariés mardi sur des points litigieux du plan de reprise

BORDEAUX, 10 décembre 2018 (AFP) – Les salariés de Ford Blanquefort, usine de 850 emplois proche de Bordeaux menacée de fermeture, vont devoir se prononcer mardi sur des points litigieux de l’offre de reprise présentée par Punch Powerglide, a-t-on appris lundi de sources syndicales.

L’intersyndicale de l’usine a rencontré lundi à Paris le repreneur potentiel du site et des représentants de l’État, une réunion de la « dernière chance », selon les termes de la CGT.

« L’objectif c’est encore et toujours de sauver l’usine », expliquait Philippe Poutou, délégué CGT. « Nous restons déterminés à obtenir un accord avec l’État et Punch (Powerglide) pour, après, faire accepter à Ford de laisser son usine pour sauver nos emplois », ajoutait-il dans un communiqué.

Le constructeur automobile avait, en principe, prévu d’annoncer ce lundi sa décision finale sur le projet de reprise de Punch. Mais, d’après M. Poutou, Ford a d’ores et déjà décidé de rejeter ce plan et de fermer son usine, ce que le groupe américain « aurait prévu d’annoncer (…) ce jeudi 13 décembre lors d’une réunion extraordinaire du CE à Blanquefort ».

Contacté par l’AFP, un porte-parole de Ford France a expliqué que le constructeur avait concrètement jusqu’au 18 décembre, date de la fin du Plan de sauvegarde de l’emploi de l’usine de Blanquefort, pour communiquer sa décision finale.

Punch demande que les syndicats acceptent un accord de modération salariale pendant 3 à 5 ans après la reprise et soient prêts à abandonner de 3 à 5 jours de RTT, qui seraient payées 10% de plus, explique une source proche du dossier. « Ça permettrait de rétablir la compétitivité du site », ajoute cette source, soulignant que les négociations en cours étaient « très intenses ».

Ces deux mesures restent des points d’achoppement à un accord final et les salariés vont devoir se prononcer mardi.

« Nous aurons une assemblée générale avec les salariés à 13h30. Et on va certainement faire un vote sur les 3 RTT. Le repreneur demande aussi 3 ans de gel des salaires. On verra si les salariés sont d’accord », a expliqué à l’AFP Gilles Penel, secrétaire adjoint CGT du CE, à la sortie de la rencontre à Bercy.

« Nos adhérents nous ont dit qu’ils étaient prêts » à faire cet effort, a assuré de son côté à l’AFP Jean-Marc Chavant, élu FO.

Ford avait annoncé fin février qu’il cessait tout investissement dans son usine girondine de fabrication de boîtes de vitesse, implantée dans la banlieue bordelaise depuis 1972.

Une réunion avait déjà eu lieu jeudi à Bercy entre Punch et les syndicats, sous l’égide de Jean-Pierre Floris, délégué interministériel aux restructurations d’entreprises.

bpe-aro-pjl/pbl/ide