Ford écarte l’offre de reprise pour Blanquefort, plan social en vue

PARIS, 13 décembre 2018 (AFP) – Ford a annoncé jeudi qu’il écartait l’offre de reprise de l’usine de Blanquefort (Gironde) par Punch Powerglide, pourtant appuyée par le gouvernement français, et qu’il proposait un plan social pour ses 850 salariés.

« Ford Aquitaine Industries (FAI) a informé, ce jour, son comité d’entreprise avoir décidé de ne pas donner de suite favorable à la vente du site de FAI à l’acquéreur potentiel », indique l’entreprise dans un communiqué. Elle ajoute avoir « présenté un plan social complet » pour un arrêt de la production du site, prévu fin août 2019.

Le ministre de l’Economie Bruno Le Maire s’était pourtant personnellement impliqué pour tenter de sauver le site de fabrication de boîtes de vitesse, et avait appelé mardi soir le constructeur américain à accepter le projet de reprise de la société franco-belge Punch Powerglide, qui devait préserver 400 emplois.

M. Le Maire avait même expliqué qu’il appellerait James Hackett, PDG de Ford, « afin de lui faire directement part de la position de l’État ».

Les syndicats de Ford Blanquefort avaient eux aussi appuyé ce plan, en acceptant un gel de salaires pendant trois ans, la perte de trois jours de RTT et une modulation du temps de travail.

L’État, la région Nouvelle-Aquitaine et la métropole de Bordeaux devaient apporter un « soutien financier de 15 millions d’euros » à ce projet industriel.

« Malgré les discussions rigoureuses et approfondies des neuf derniers mois, et les meilleurs efforts fournis par chacune des parties, le plan proposé par le repreneur potentiel présente des risques significatifs », affirme Ford dans son communiqué.

Ford estime qu’un plan social est préférable à un projet de reprise qu’elle juge fragile depuis le départ. « Nous ne croyons pas que les plans de l’acquéreur potentiel offrent le niveau de sécurité et de protection, ou limitent le risque de possibles pertes d’emploi futures, que nous souhaitons pour les salariés de FAI », a déclaré le constructeur.

« FAI a présenté un plan social complet qui comprend notamment un congé de reclassement d’une durée étendue à compter d’octobre 2019 », a souligné l’entreprise qui « s’est engagée à ne prononcer aucun départ contraint avant septembre 2019 ».

« Cela permet aux salariés de FAI d’analyser leurs options tout en bénéficiant d’une sécurité financière », souligne l’entreprise.

– « Nouvelle désastreuse » –

Le plan social de Ford comprend aussi « un plan de cessation anticipée d’activité très favorable, un redéploiement chez GFT », un site commun à l’équipementier Getrag et Ford qui fabrique des transmissions mécaniques à Blanquefort.

Il prévoit également « d’autres mesures destinées à aider les salariés à se tourner vers d’autres employeurs ou à poursuivre d’autres opportunités de carrière, qu’il s’agisse de créations d’entreprise ou de formations de reconversion ».

Ford souligne qu’il « reconnaît l’engagement et les efforts fournis par le gouvernement français afin de développer un plan de reprise robuste et viable, ainsi que les efforts intensifs des syndicats de FAI et du repreneur potentiel ».

Un élu FO au comité d’entreprise, Jean-Marc Chavant, a exprimé son « immense déception » après l’annonce.

« C’était prévisible, c’est ce qu’on craignait, mais on y croyait un petit peu quand même », a-t-il déclaré à l’AFP.

Mais « le point positif, c’est que ce n’est pas à cause de nous », a-t-il ajouté, en rappelant le vote mardi des salariés donnant le feu vert à une offre de reprise par Punch Powerglide.

Aujourd’hui, sont en jeu « 850 emplois, plus de 2.000 emplois induits et une commune, Blanquefort, qui va être fortement touchée », a-t-il fait valoir.

De son côté, Alain Rousset, président PS du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, a qualifié cette décision de « nouvelle désastreuse pour les salariés de l’entreprise, pour la ville de Blanquefort et pour l’industrie girondine ».

Il a assuré dans un communiqué qu’il allait se mobiliser, avec l’Etat, « pour aider les salariés touchés par cette décision dramatique à trouver des solutions de reclassement et de formation ».

Fin février, Ford avait annoncé cesser tout investissement dans son usine girondine de fabrication de boîtes de vitesse, implantée dans la banlieue bordelaise depuis 1972.

aro-ff/tq/mja