Formation des agents de l’Etat: trois syndicats claquent la porte de discussions

PARIS, 17 janvier 2018 (AFP) – La CGT, FO et Solidaires ont quitté mercredi une séance de travail sur la formation professionnelle des agents de l’Etat pour la période 2018-2020, « uniquement axée » selon eux sur la prochaine réforme de l’action publique.

La commission chargée de la formation professionnelle au sein du Conseil supérieur de la fonction publique d’Etat se réunissait mercredi pour la présentation du schéma directeur de la formation professionnelle des agents de l’Etat pour 2018-2020.

« Ce programme est uniquement axé sur la formation en fonction de la réforme de l’action publique 2022 », a critiqué Jean-Pierre Moreau (FO). « On s’est opposé à ce schéma, qui est loin d’être une formation personnalisée pour le développement des compétences des personnes ».

Pour la CGT, la pierre d’achoppement est la mention d’une action visant à « accompagner les transitions, les reconversions et les mobilités professionnelles », et synonyme, selon le syndicat, de suppressions de postes et de missions abandonnées.

« Il n’est pas question de poser les jalons de ce qui va accompagner un rouleau compresseur qui est en train de se mettre en route », a commenté Estelle Piernas, secrétaire nationale de l’UFSE-CGT.

Un « Comité Action Publique 2022 » (CAP 22) mis en place par Matignon est chargé de proposer des pistes de réformes et d’économies pour la fonction publique, et une consultation en ligne lancée en novembre, baptisée « Forum de l’Action Publique », vise à consulter les agents et les usagers.

Cette dernière n’aurait été visitée que par environ de 35.000 personnes, selon la revue spécialisée Acteurs publics, et une dizaine de milliers de personnes auraient répondu au questionnaire, dont trois quarts d’agents. Contacté par l’AFP, le ministère n’a pas souhaité confirmer ces chiffres.

Pour Solidaires, le schéma d’organisation de la formation professionnelle présenté montre que « tout est déjà décidé » du côté du gouvernement.

« Les personnels n’ont pas à devenir les outils de la mise en oeuvre de CAP 2022, dont l’objectif majeur est la destruction de la fonction publique et de ses services », s’insurge le syndicat.

la/shu/jcc