Formation: des organismes privés veulent faire échouer l’Afpa (Valter)

 PARIS, 11 octobre 2016 (AFP) – Des organismes privés de formation, représentés par la Fédération de la formation professionnelle (FFP), exercent un lobbying pour faire échouer la transformation de l’Afpa en établissement public, a déploré mardi Clotilde Valter, secrétaire d’Etat à la Formation professionnelle.

L’Association nationale pour la formation professionnelle des adultes (Afpa) va devenir, au 1er janvier 2017, un établissement public industriel et commercial (Epic).

L’organisme sera en partie financé par l’Etat par assumer ses missions de service public non concurrentiel -ingénierie de certifications professionnelles, prospection sur l’évolution des compétences, appui au conseil en évolution professionnelle (CEP)…- et par les services publics régionaux de formation, dans le cadre de marchés concurrentiels, pour la formation des demandeurs d’emploi, son autre mission de service public.

Le nouvel établissement disposera également d’une filiale dévolue à la formation des salariés.

« Il y a des acteurs privés qui ne demandent qu’une chose, que ça ne marche pas », a déclaré Mme Valter à la presse.

« Ils considèrent que l’Afpa est un concurrent et les plus extrêmes pensent que l’Afpa devrait disparaître. La seule transformation de l’Afpa qu’ils accepteraient, c’est une structure de formation banalisée, soumise à la libre concurrence », a-t-elle poursuivi.

Selon la secrétaire d’Etat, « la Fédération de la formation professionnelle (FFP) exerce un lobbying tous azimuts, à Bruxelles, au Conseil d’Etat, dans les assemblées parlementaires et à l’ARF (Régions de France, NDLR), partout ».

Le changement de statut de l’Afpa, décidé en 2015, vise à assurer la pérennité du leader de la formation professionnelle, créé en 1949. Il avait frôlé la cessation de paiement en 2012, ébranlé par le transfert de la commande publique aux Régions en 2004 et l’ouverture du marché à la concurrence en 2009.

L’ordonnance précisant les contours du futur établissement (missions de service public, gouvernance…) est en cours de finalisation.

Selon la dernière version du texte, le conseil d’administration (CA) de l’Afpa sera composé de 27 membres, dont neuf représentants de l’Etat (deux voix chacun), huit des partenaires sociaux, quatre des Régions (deux voix chacun), quatre personnalités qualifiées et deux représentants des salariés de l’établissement, a détaillé le cabinet de Clotilde Valter.

La gouvernance de l’Afpa sera similaire à celle de Pôle emploi, avec un président du CA et un directeur général, a ajouté la secrétaire d’Etat.

Par ailleurs, « 113 sites de l’Afpa », qui appartiennent aujourd’hui au patrimoine immobilier de l’Etat, « vont être transférés au patrimoine de l’établissement public pour lui donner une assise et une pérennité », a-t-elle indiqué.

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