Fournisseurs de Renault dans la Vienne: les Fonderies du Poitou en grève

BORDEAUX, 2 juillet 2020 (AFP) – Les quelque 600 salariés de Liberty Alu Poitou et Liberty Fonderie Poitou, deux équipementiers de la Vienne en grande difficulté ayant Renault pour seul client, ont entamé jeudi une grève pour protester contre le manque d’engagement financier des autorités et de leur actionnaire britannique.

Ce mouvement fait suite à la tenue la veille à Poitiers d’un « comité de suivi territorial » de ces deux sociétés, appelées aussi « Fonderies du Poitou », localisées côte-à-côte à Ingrandes-sur-Vienne, juste au nord de Châtellerault.

Lors de cette réunion à huis clos, où siégeaient des élus, des représentants du personnel, de l’État et de l’actionnaire Liberty House, « il a été annoncé que la région et l’État ne mettraient rien », a résumé à l’AFP Géry Bégeault, délégué CGT pour Liberty Alu.

Ces deux entreprises ont des besoins différents : pour l’alu, il existe un projet d’investissement pour développer une nouvelle culasse Renault. Pour la partie fonte, l’actionnaire ne voit pas d’avenir dans l’automobile et a chargé un cabinet de trouver d’ici la fin juillet un projet de reconversion dans un autre secteur.

Pour la nouvelle culasse, l’actionnaire a déjà engagé 3 millions d’euros, auxquels se sont ajoutés 1,9 million en fonds propres, « mais il manque toujours deux millions (et) ils ont dit qu’il fallait qu’on se débrouille tout seul », résume M. Bégeault.

Pour la fonte, « il n’y a pas de perspective d’avenir », a lancé le délégué CGT de cette branche, M. Thierry Waye. « Tout le monde a donné de l’argent mais il n’y a toujours pas de reconversion ».

« En ce qui concerne l’aluminium, nous avons déjà investi 6,9 millions d’euros. Nous sommes en pourparlers avec notre client et les acteurs politiques pour obtenir les investissements supplémentaires nécessaires pour finaliser le développement et l’industrialisation série des nouvelles culasses », a souligné par courriel à l’AFP Arnaud Tronche, directeur général à Alvance, la partie aluminium de Gupta Family Group Alliance (GFG Alliance), auquel appartient l’actionnaire Liberty House.

S’agissant de la fonte, M. Tronche a rappelé que l’actionnaire estimait ce « marché en fort déclin et saturé ». « Malgré tous nos efforts nous devons conclure que nous ne savons pas trouver de volumes nécessaires à la survie de l’activité », a-t-il ajouté, disant comprendre « le trouble légitime » des salariés.

Rappelant qu’un cabinet « internationalement reconnu » cherchait des alternatives, il a assuré qu' »aucune décision ne peut être prise avant la fin de ce groupe de travail ».

Liberty House avait racheté il y a un an les deux entreprises en difficulté, conservant quelque 600 des 800 emplois. La transaction incluait la garantie d’un volume de commandes de Renault, qui n’a pas été respectée selon les syndicats.

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