Fragilisé par la crise sanitaire, Royal Mail supprime 2.000 emplois

LONDRES, 25 juin 2020 (AFP) – Le groupe postal britannique Royal Mail a annoncé jeudi la suppression de 2.000 emplois, afin de s’adapter à une perte de vitesse de son activité dans le courrier au profit de la livraison de colis, une tendance renforcée par la crise sanitaire.

Royal Mail explique dans un communiqué que cette réduction d’effectif concerne essentiellement des postes d’encadrement et fait partie d’un vaste plan d’économies pour les deux prochaines années.

Le groupe, qui compte au total 143.000 salariés, veut réaliser des économies de coûts de 130 millions de livres l’an prochain et réduire en plus de 300 millions de livres ses dépenses d’investissement au cours des deux prochaines années.

« Ces dernières années, nos activités au Royaume-Uni ne se sont pas adaptées assez rapidement aux changements sur le marché avec plus de colis et moins de lettres. Le Covid-19 a accéléré ces tendances, ce qui crée des défis supplémentaires », explique Keith Williams, le patron par intérim.

Le groupe reste dépendant de la distribution de courrier et paye par ailleurs le prix d’un sous-investissement dans les infrastructures pour la livraison de colis, qui rencontre une forte demande depuis le confinement.

Royal Mail annonce par ailleurs vouloir discuter de son obligation de service universel (USO), ce qui pourrait froisser des syndicats déjà remontés contre la stratégie du groupe.

L’USO contraint Royal Mail à livrer le courrier dans tous le pays six jours par semaine.

Or en raison de la pandémie, le groupe a suspendu temporairement la livraison le samedi pour alléger la tâche du personnel. Les syndicats craignent que cette mesure ne devienne permanente au prix d’une lourde casse sociale.

Les bouleversements en cours sur le marché du courrier ont participé au départ précipité le mois dernier du directeur général Rico Back, moins de deux ans après son arrivée et dans un climat social houleux.

Né il y a plus de 500 ans, Royal Mail tente de se moderniser, en particulier depuis sa privatisation controversée en 2013, mais au prix de nombreuses batailles avec les syndicats.

En raison de retard dans les investissements, de « relations sociales difficiles, d’une direction pas toujours à la hauteur et d’inefficacités, (Royal Mail) reste un peu un dinosaure », commente Russ Mould, analyste chez AJ Bell.

Le groupe s’attend par ailleurs à des pertes importantes et à un fort recul de son chiffre d’affaires pour l’exercice 2020-2021 dans son activité au Royaume-Uni. Il a en outre décidé de ne pas verser de dividende.

En revanche, GLS, sa branche de transports de colis à l’international se porte bien et permet d’amortir un peu les difficultés sur le marché britannique.

Les suppressions d’emplois chez Royal Mail s’ajoutent à une longue série de plans sociaux au Royaume-Uni qui touchent de plus en plus de secteurs fragilisés par la crise sanitaire, en particulier le transport aérien, l’automobile ou l’énergie.

De nombreuses entreprises licencient malgré le dispositif de chômage partiel du gouvernement qui doit s’achever fin octobre.

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