France Industrie demande 20 milliards de baisses de coûts pour les entreprises d’ici 2025

PARIS, 7 novembre 2019 (AFP) – Les industriels français ont réclamé jeudi « une trajectoire ambitieuse de réduction des coûts », à hauteur de 20 milliards d’euros sur cinq ans, dans le cadre du « pacte productif pour l’emploi » annoncé mi-octobre par le gouvernement pour relancer l’industrie française.

« Le pacte productif est une initiative qui vient à point nommé et bien sûr nous la soutenons », mais « la question de la compétitivité, fondamentalement, reste posée », a déclaré Philippe Varin, le président de la fédération du secteur France Industrie, lors d’une rencontre avec la presse.

Il a affirmé que « le déclin était enrayé » pour l’industrie en France, mais rappelé que la balance commerciale était restée déficitaire de 64 milliards d’euros et que la part de la France dans les exportations de l’Europe était passée en dix ans de 17% à 11%.

« Revenir au plein emploi en 2025 (…) est un objectif ambitieux » qui « repose sur la production », a-t-il dit, en mettant l’accent sur la question des coûts. « Monter en gamme prend du temps, et si à court terme, on ne baisse pas les coûts, le pacte productif sera peu crédible. »

Les impôts de production pèsent en France 80 milliards d’euros, avec un écart de 70 milliards avec l’Allemagne, a rappelé Philippe Varin. « On n’a pas franchement été entendus sur ce point jusqu’à présent », a-t-il dit. « Il faut profiter du pacte productif pour avoir une trajectoire ambitieuse de réduction des coûts de production. »

France Industrie propose de viser sur les cinq ans du pacte 20 milliards d’euros de baisse de coûts. « C’est un peu le minimum qu’on peut faire si on veut que notre pacte productif soit robuste », a assuré M. Varin.

La fédération des industriels préconise d’un côté des réductions de la fiscalité générale et locale, notamment la suppression de la C3S (Contribution sociale de solidarité des sociétés) et une réduction significative de la CFE (Cotisation foncière des entreprises). L’autre volet reposerait sur « une mesure massive de soutien à l’investissement » pour financer des nouveaux sites industriels et des investissements d’innovation et d’amélioration productive.

Outre le volet baisse des coûts, France Industrie propose quatre autres axes de travail: les compétences, les questions liées au climat, aux technologies et les relations entre l’Etat, les territoires et l’industrie.

En matière de formation professionnelle, France Industrie insiste sur l’alternance (apprentissage pour les jeunes, contrats professionnels pour les salariés), avec un objectif de 50% d’alternants en plus d’ici 2023.

« L’objectif est de doubler (…) le nombre de plans de formation faits par les PME et les TPE d’ici 2023 », a précisé Philippe Darmayan, président de l’UIMM, la fédération de la métallurgie.

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