France Télécom: « homicide involontaire » réclame la CFE-CGC

PARIS, 7 juillet 2016 (AFP) – Le syndicat CFE-CGC d’Orange (ex-France Télécom) réclame jeudi le renvoi en correctionnelle de France Télécom et de son ex-patron Didier Lombard, pour « homicide involontaire », jugeant la qualification de « harcèlement moral » retenue par le Parquet de Paris très « réductrice », après la vague de suicides sans précédent intervenue en 2008 et 2009.

Après sept ans d’enquête, le parquet de Paris vient de demander le renvoi en procès pour harcèlement moral de France Télécom et de son ex-patron Didier Lombard, soupçonnés d’avoir mis en place une politique de déstabilisation des salariés.

« Il est indispensable que les magistrats instructeurs en charge du dossier tirent toutes les conséquences des éléments figurant dans la procédure et décident de renvoyer les personnes physiques et morale mises en examen devant la juridiction correctionnelle des chefs combinés d’homicide involontaire, mise en danger de la vie d’autrui, harcèlement moral », déclare le syndicat dans un communiqué.

« Les pièces de la procédure pénale ne permettent pourtant pas de se limiter à la seule qualification de harcèlement moral, terriblement réductrice, alors que la démonstration est clairement faite d’un mépris délibéré qui a mis en danger la vie des personnels aux seules fins de respecter des objectifs de compression salariale et d’augmentation corrélative des bénéfices destinés à satisfaire les actionnaires, dont l’État », ajoute la CFE-CGC.

Elle « espère être entendue, pour que les personnels de (son) entreprise puissent définitivement tourner la page », mais aussi pour que de tels drames « ne se reproduisent plus dans une entreprise française », conclut-elle.

De son côté, SUD, qui avait porté plainte à l’époque du drame, dit vouloir « continuer de combattre la logique financière, poussée à son extrême au plus fort de la crise sociale, (qui) a conduit (des) collègues à perdre leur vie à la gagner ».

« Avec 20.000 départs annoncés et seulement 6.000 recrutements pour les années 2016 à 2018, la satisfaction des actionnaires reste une priorité à Orange même si la violence est moindre puisque les départs concernent des salarié-es accompagnées vers la retraite », ajoute SUD dans un communiqué.

Le syndicat annonce qu’il « va s’adresser aux autres fédérations syndicales parties civiles pour coordonner (les) efforts afin que les employeurs soient rendus pleinement responsables de leur gestion au mépris de la santé des salarié-es ».

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