Fusion Alstom-Siemens: les syndicats d’Alstom inquiets d’une prédominance allemande

PARIS, 27 septembre 2017 (AFP) – Plusieurs syndicats du constructeur ferroviaire Alstom ont exprimé mercredi leurs « craintes pour l’emploi » à moyen terme, au lendemain de la fusion annoncée avec les activités ferroviaires de l’allemand Siemens, qui selon eux aura clairement « la main ».

Les deux groupes « veulent nous rassurer en parlant de complémentarité géographique » mais « les craintes pour l’emploi demeurent » car Alstom est « en choc frontal avec Siemens sur toutes ses activités » (grande vitesse, trains régionaux, tramways et métros, signalisation), expliquent à l’AFP avec des mots quasi-identiques les représentants CFE-CGC, CFDT et FO.

Ne leur parlez pas d’alliance « entre égaux ». « A partir du moment où le capital est majoritairement détenu par Siemens, qui aura la majorité au conseil d’administration, il n’y a pas d’entente entre égaux », estime Claude Mandart, représentant de la CFE-CGC (premier syndicat).

Cette expression utilisée par les deux groupes dans leur communiqué commun et par le gouvernement n’est pour le syndicaliste « que de la communication de façon à faire avaler l’opération aux salariés et au grand public ».

Alors que le processus d’information-consultation des personnels au niveau européen doit démarrer le 5 octobre à Katowice (Pologne), « notre point de vigilance sera d’arriver à la mise en oeuvre d’un groupe équilibré entre la France et l’Allemagne. Pour le moment, c’est pas gagné », poursuit-il.

« Un de nos chevaux de bataille va être d’identifier comment ont été calculés les 470 millions d’euros annuels d’économies » que la fusion devra générer, quatre ans au plus tard après sa finalisation, prévue fin 2018, précise M. Mandart.

Lors des arbitrages futurs sur « qui va faire quoi et où? », « il y aura des orientations plus allemandes que françaises », redoute également Thierry Muller, de la CFDT (troisième syndicat).

Comme FO, il « regrette » que l’Etat ait décidé de ne pas exercer son option d’achat des actions prêtées par Bouygues.

« On y voit un peu plus clair: la première certitude c’est que Siemens aura la main sur Alstom. La deuxième, c’est un abandon d’Alstom par l’Etat », déplore Philippe Pillot, porte-parole de FO (quatrième syndicat).

Malgré les assurances du gouvernement sur un maintien des sites et de l’emploi pendant quatre ans, ce dernier se dit particulièrement soucieux « pour les locomotives produites à Belfort » et l’activité signalisation, dont le siège sera en Allemagne.

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