Fusion des voyagistes TUI et Transat: avis défavorable du CCE

PARIS, 2 juin 2017 (AFP) – Le comité central d’entreprise (CCE) de TUI France et Transat France a rendu vendredi un avis défavorable sur le projet de fusion des deux voyagistes, qui prévoit un plan de départs volontaires (PDV) visant plus de 300 postes, a-t-on appris de sources syndicales.

Les élus du CCE, pour expliquer leur avis, mettent en cause notamment une « stratégie court-termiste qui vise un retour sur investissement rapide », avec un « calendrier très serré », et qui « sous-estime l’importance du facteur humain ».

Le CCE « entend solliciter un refus d’homologation » de l’administration du travail (Direccte) « quant au projet +One+ et ses conséquences sociales », précisent les élus dans leur avis, consulté par l’AFP. Aucun syndicat n’ayant signé le projet d’accord sur le plan de départs volontaires, celui-ci devra être homologué par la Direccte, a précisé la CFDT.

Interrogé par l’AFP, un porte-parole de TUI France a simplement confirmé que l’avis du CCE avait été rendu « conformément au calendrier ». « Maintenant, la prochaine étape est de recueillir l’avis des deux CE le 6 juin », avant d’envoyer le projet de PDV à la Direccte.

TUI France a racheté l’automne dernier Transat France (marques Look Voyages et Vacances Transat) pour 54 millions d’euros. Leur fusion doit créer le premier opérateur touristique dans l’Hexagone. Le projet « One », présenté par la direction en novembre, vise à mener à bien l’intégration de Transat en un an.

Initialement, ce plan prévoyait l’ouverture de 322 postes au départ volontaire, sur un total de 1.304 postes dans les deux entreprises à fin décembre, avec en parallèle la création de 94 postes, soit un solde net de 228 postes supprimés.

Après négociations, le nombre de postes visés par des départs volontaires est passé à 301, pour 99 créés, soit un solde de 202 suppressions, selon le secrétaire du CCE Lazare Razkallah.

Le calendrier des départs a aussi été étendu, jusqu’en novembre 2018, au lieu de janvier. Quant aux indemnités de départ, elles ont été revues à la hausse, à 0,75 du salaire brut par année d’ancienneté, sans plafond, auxquelles s’ajoute une prime supplémentaire.

Mais même améliorées, ces mesures sont toujours « insuffisantes au regard des moyens du groupe » TUI, la maison mère de TUI France, selon la CGT. Le géant allemand a dégagé un bénéfice net de 1,04 milliard d’euros lors de son exercice décalé 2015/2016, soit trois fois plus que sur l’exercice précédent.

Faute de suffisamment de candidats au départ, la direction a déjà averti que d’autres mesures pourraient être mises en oeuvre, a précisé M. Razkallah. Le plan « prévoit explicitement des possibilités de départs contraints », souligne le CCE dans son avis.

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