Fusion entre PSA et Fiat-Chrysler: à Sochaux, les syndicats positifs mais vigilants

SOCHAUX, 31 octobre 2019 (AFP) – Les syndicats de l’usine PSA de Sochaux, plus grand site français du constructeur, réagissaient plutôt positivement jeudi à l’annonce d’une fusion avec Fiat-Chrysler, tout en réclamant des garanties sur le maintien de l’emploi en France.

Cette mégafusion « met PSA à la hauteur des géants mondiaux que sont Volkswagen et Toyota », s’est réjoui auprès de l’AFP Patrick Michel, délégué FO et secrétaire du comité de groupe Monde de PSA.

« C’est aussi intéressant pour PSA d’avoir Fiat dans son giron parce que Fiat a besoin de moteurs pour respecter les nouvelles normes CO2 et il les a très peu aujourd’hui. Donc, cela va donner du travail à nos bureaux de conception et nos usines qui fabriquent des moteurs, notamment en France », estime-t-il.

« Mais on veut des garanties: le groupe PSA est aujourd’hui un groupe rentable, il se marie avec un autre groupe en bonne santé financière, il n’y a pas de raison que les salariés en pâtissent », ajoute-t-il.

Fort d’environ 7.500 salariés, auxquels il faut ajouter environ 2.500 intérimaires, le site de Sochaux reste le « navire amiral » du groupe en France.

« On veut aussi, pourquoi pas, pouvoir fabriquer des véhicules Fiat en France », insiste M. Michel.

Cette fusion « va ouvrir le marché américain, peut-être, mais a contrario, on craint que le site européen de Fiat prenne la charge de travail des sites français », tempère le secrétaire général CGT du site de Sochaux, Jérôme Boussard.

« Par expérience, on sait [depuis le rachat d’Opel par PSA] que les fusions créent des doublons au niveau R&D. Actuellement, on pousse déjà les gens à partir du groupe », déplore-t-il.

Indépendamment de ce mariage, il note une « baisse inquiétante des salariés et beaucoup de recours aux précaires ».

Pour l’usine d’Aulnay (Seine-Saint-Denis), « on disait +ça ne fermera jamais+, et ça a fermé, on ne croit plus trop à ce que dit la direction ».

Son collègue de la CFE-CGC, Laurent Wechsel, évoque un « effet d’échelle » intéressant pour PSA avec notamment des « gains sur la R&D », mais met en avant « deux points de vigilance »: la garantie de l’emploi en France et le mode de fonctionnement de la gouvernance.

Les deux constructeurs ont annoncé jeudi être tombés d’accord à l’unanimité sur le principe d’une fusion entre égaux.

Avec 8,7 millions de véhicules vendus par an, la nouvelle entité, qui serait basée aux Pays-Bas, deviendrait le n°4 mondial du secteur.

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