GB: taux de chômage stable mais des signes d’essoufflement de l’emploi

LONDRES, 14 décembre 2016 (AFP) – Le taux de chômage au Royaume-Uni s’est maintenu à 4,8% lors de la période de trois mois achevée fin octobre, a annoncé mercredi l’Office des statistiques nationales (ONS), mais quelques signes d’essoufflement semblent poindre sur fond de Brexit.

Cet indicateur, au plus bas depuis 2005, est conforme aux attentes des économistes interrogés par Bloomberg.

Les salaires des ménages (primes comprises) ont augmenté pendant la même période, de 2,5% sur un an, soit plus vite que l’inflation et davantage qu’attendu par ces économistes (2,3% attendu). Le pouvoir d’achat a donc continué de grimper en moyenne.

Au total, 1,62 million de personnes étaient au chômage pendant la période d’août à octobre, soit 16.000 de moins que pendant la période de trois mois précédente (mai à juillet).

Mais le nombre d’employé a très légèrement baissé lui aussi dans le même temps, de 6.000 personnes, à 31,762 millions, tandis que le nombre d' »inactifs » augmentait d’une grosse centaine de milliers, à 19,149 millions de personnes. Cette dernière catégorie, qui recouvre ceux qui ne travaillent pas et ne recherchent pas d’emploi, comprend les étudiants, les personnes au foyer, les malades, les retraités et enfin les personnes découragées de retrouver un emploi.

« Les données sur le chômage d’aujourd’hui constituent les premiers signes clairs d’un affaiblissement de la résistance » de l’emploi depuis le référendum sur le Brexit, a expliqué Paul Hollingsworth, de Capital Economics.

James Knightley, économiste chez ING, a renchéri en soulignant que la baisse de 6.000 emplois constituait « le premier recul depuis juin 2015 et seulement le cinquième depuis 2011 ».

Il a mis en avant plusieurs études de la Banque d’Angleterre faisant état d’une prudence accrue des employeurs avant d’embaucher et d’investir depuis le résultat du référendum du 23 juin, au cours duquel la majorité des Britanniques a décidé d’une sortie britannique de l’Union européenne.

« Le rapport sur l’emploi d’aujourd’hui suggère que les entreprises sont en train de progressivement réduire la voilure, après avoir créé 170.000 emplois pendant l’été », a ajouté M. Knightley.

L’activité a bien résisté de façon générale au Royaume-Uni depuis le choc du vote pour le Brexit, soutenue notamment par une vigoureuse consommation des ménages, et les pouvoirs publics s’attendent à une solide croissance du produit intérieur brut de 2,1% pour l’ensemble de 2016.

Mais la plupart des analystes préviennent d’un net ralentissement l’année prochaine. Ils prévoient un repli des investissements des entreprises et un accès de faiblesse du côté des dépenses des ménages, qui risquent de souffrir d’une montée en cours de l’inflation sur fond de dépréciation de la livre.

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