GE Belfort: la première réunion sur le plan social de nouveau empêchée

BELFORT, 21 juin 2019 (AFP) – Plusieurs centaines de salariés de General Electric (GE) ont empêché vendredi matin, pour la deuxième fois, la tenue à Belfort de la première réunion d’information sur le plan social qui prévoit environ un millier de suppressions de postes, a constaté un journaliste de l’AFP.

Ce blocage intervient à la veille d’une manifestation à Belfort où l’intersyndicale CFE-CGC, Sud et CGT attend plusieurs milliers de personnes. Le leader de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, y est annoncé.

La réunion d’information et de consultation, qui doit lancer officiellement le plan social annoncé fin mai par le groupe américain, avait déjà été empêchée lundi par les salariés et avait été repoussée à vendredi.

Comme lundi, elle devait débuter vendredi à 09H00 mais, à l’appel de l’intersyndicale, des centaines de salariés ont bloqué l’entrée de la salle où elle devait se tenir, dans un bâtiment de GE.

Dans un communiqué, la direction de GE « regrette une nouvelle fois que la première réunion d’information-consultation relative au projet de réorganisation des activités gaz de GE en France n’ait pu se tenir ce jour à Belfort pour des raisons qui ne relèvent pas de sa volonté ».

« On prend acte de ce blocage », avait déclaré auparavant au mégaphone Antoine Peyratout, le directeur du site, sous les huées des salariés.

La réunion « ne pourra plus se tenir aujourd’hui », a confirmé à l’AFP Philippe Petitcolin, délégué CFE-CGC, qui a demandé à GE « d’attendre au moins la décision » du tribunal de grande instance de Belfort devant lequel l’intersyndicale a assigné l’entreprise, au motif que GE n’aurait pas cherché de pistes de diversification avant de lancer le plan.

L’audience est fixée au 27 juin.

Cyril Caritey, délégué CGT qui s’exprimait devant les salariés avant le blocage, les avait appelés à se comporter « proprement » et « dignement » afin de « dire que cette réunion ne se tiendra pas ».

M. Petitcolin a indiqué avoir reçu jeudi un appel du ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, venu sur le site de Belfort début juin. « Je lui ai demandé de revenir en septembre avec un plan » viable « pour le site, sans licenciements », a indiqué le syndicaliste.

Annoncé le 28 mai par GE, le plan social envisage la suppression de 1.050 emplois en France, dont 800 dans l’entité belfortaine produisant des turbines à gaz et qui emploie 1.900 personnes. Au total, GE emploie 4.300 salariés à Belfort.

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