GE Belfort: l’intersyndicale dénonce des « délocalisations en plein Covid-19 »

BELFORT, 14 mai 2020 (AFP) – L’intersyndicale de General Electric Belfort a dénoncé jeudi l’annonce de « nouvelles délocalisations » aux Etats-Unis et en Arabie Saoudite que la direction justifie par la baisse de l’activité du site belfortain en raison du Covid-19.

Le groupe américain a annoncé mercredi en CSE son intention de « délocaliser aux Etats-Unis et en Arabie Saoudite, notamment près de 30% de l’activité réparation rotor » effectuée à Belfort, a indiqué dans un communiqué l’intersyndicale CFE-CGC, CGT et Sud.

Le site de Belfort, actuellement visé par un plan social, « a été touché par le ralentissement de l’activité dû à la crise du COVID19. Dans ce contexte de crise économique, GE Gas étudie toutes les solutions afin de préserver son activité et de pouvoir fournir ses clients », a indiqué la direction à l’AFP.

D’après Philippe Petitcolin, délégué CFE-CGC, General Electric estime qu’en raison du Covid-19, le site « n’est pas à 100% » de son activité et que « les heures qui ne sont pas faites à Belfort doivent être faites ailleurs ».

Le site tourne pourtant « à 90%, dont 75% en production, avant même la réouverture des écoles, dans une région particulièrement touchée » par l’épidémie, indique le communiqué.

« Ces heures peuvent être faites à Belfort, mais il faudrait des discussions et un accord de l’ensemble » des syndicats, ce qui est impossible pour l’instant, selon une source proche du dossier.

Pour M. Petitcolin, « il est urgent de bloquer ce transfert car, dans le projet industriel en cours de discussion, la réparation rotor avait une place importante ».

L’intersyndicale, qui craint que « cette délocalisation d’activités lucratives dégrade encore davantage la compétitivité » de GE Belfort, demande l’intervention urgente de l’Etat français afin que GE respecte les engagements stipulés dans les accords de 2014 et 2019.

« Le Covid 19, c’est l’argument parfait pour faire tout ce qu’on veut sans respecter les accords », a indiqué M. Petitcolin. « Si GE ne respecte pas ses engagement, l’intersyndicale n’hésitera pas à déposer un recours contre le gouvernement pour ne pas avoir fait respecter les accord de 2014 et 2019 », a-t-il prévenu.

« Les accords pris en octobre 2019 sont respectés », affirme au contraire la direction.

Début mai, la présidente de la région Bourgogne-Franche-Comté Marie-Guite Dufay et le député européen Christophe Grudler avaient estimé que GE profitait de l’épidémie « pour accélérer une délocalisation » de l’activité de Belfort et avaient exhorté le ministre de l’Economie Bruno Le Maire à intervenir auprès de l’industriel.

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