GE Hydro: la direction se voit enjoindre de fournir les documents du plan social

 GRENOBLE, 18 octobre 2017 (AFP) – La direction de GE Hydro France s’est vu enjoindre de fournir enfin les documents préparatoires du plan social visant 345 des 800 postes du site de Grenoble, a indiqué mercredi l’intersyndicale.

Le comité central d’entreprise (CCE) a déposé lundi à la direction du travail (Dirrecte) une demande d’injonction, à faire valoir auprès de la direction de GE Hydro France. Cette dernière a un délai légal de cinq jours ouvrables pour répondre.

Le CCE et le cabinet d’expertise sociale Syndex ont demandé à quatre reprises depuis le lancement du plan social début juillet, mais en vain, de se faire communiquer des documents étayant les décisions de GE Hydro France.

Il s’agit des « documents retraçant le processus de décision au sein du groupe GE et de la co-entreprise avec Alstom pour élaborer le projet de réorganisation, trancher entre les différents scenarii, arrêter le nombre de suppressions de postes, et décider des conditions de financement de la restructuration et de ses modalités », a expliqué à l’AFP l’intersyndicale.

Le CCE et l’expert demandent « aussi l’accès aux fiches de postes actuelles et dans l’organisation cible et à tous documents et analyses sur la charge de travail dans la nouvelle organisation cible, au regard des 42% de suppressions de postes et de l’objectif de doubler les commandes à horizon 2020 ».

« Une évaluation par postes de cette charge de travail et des risques professionnels induits par la réorganisation » est également réclamée.

En juillet, un rapport d’un autre cabinet d’experts sur les effets de réorganisations successives dans un service de GE Hydro – avant et après le rachat d’Alstom par le conglomérat américain mais avant le PSE en cours – avait révélé une souffrance au travail « profonde », avec des répercussions sur la santé des salariés allant jusqu’à des « signes de stress post-traumatique ».

Les salariés de Grenoble, site de conception et fabrication de turbines électriques de pointe pour les barrages, se mobilisent contre le PSE en cours, récusant les fondements économiques de la réorganisation et les conditions de départs.

Alors que la direction avait démarré les négociations au minimum légal puis fait quelques avancées début octobre, le gouvernement lui a demandé lundi, lors d’une rencontre à Bercy avec le PDG de GE Renouvelables Jérôme Pécresse, « de faire mieux » pour un groupe mondial, qui a dégagé 104 milliards d’euros de chiffre d’affaires au niveau mondial en 2016 et réalisé 8 milliards d’euros de résultats.

L’intersyndciale doit retourner à Bercy la semaine prochaine pour le suivi du PSE, et demander à nouveau au gouvernement de se positionner sur l’avenir de la filière.

sla/fga/fm