GE Hydro/Alstom Grenoble: des salariés bloquent le site menacé par un plan social

GRENOBLE, 4 octobre 2017 (AFP) – Des salariés de GE Hydro/Alstom bloquaient mercredi matin l’entrée de leur entreprise à Grenoble pour dénoncer le silence autour du plan social concernant 345 des 800 postes de ce site de production de turbines hydroélectriques, a constaté une journaliste de l’AFP.

« Depuis 6H00 ce matin, tous les tourniquets sont enchaînés et l’entrée principale est bloquée par des engins », a déclaré à l’AFP Claude Villani (CGT), ajoutant que « la direction a envoyé à tous ceux qui ont un portable professionnel un SMS ou un mail pour leur conseiller de rester chez eux travailler ».

Dans la matinée, environ 300 personnes étaient rassemblées devant le site grenoblois, dans une ambiance calme, certains jouant aux cartes ou d’autres préparant un barbecue.

Selon M. Villani, « pas mal de salariés voulaient faire une action forte depuis longtemps » car « l’exaspération monte et la montre tourne ».

Le délai légal de consultation du plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) s’achève le 19 novembre. Les services de l’État devront ensuite valider le plan et les dernières lettres de licenciement devraient partir d’ici mars 2018.

Avant cela, l’option d’achat des actions prêtées par Bouygues à l’État dans Alstom – qui permettrait une intervention directe du gouvernement – s’arrête le 17 octobre mais le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a affirmé mardi qu’il n’était pas question de la faire jouer.

Il a balayé au passage les menaces de poursuites pénales pour négligence qu’avait brandies Arnaud Montebourg, ex-locataire PS de Bercy, lundi devant les salariés, comme une solution de pérennisation de leur site.

Sur le terrain, les salariés ne désespèrent pas: « Nous voulons mettre la pression sur la direction et avoir un écho dans les médias nationaux », a expliqué M. Villani, déplorant « le mutisme total » autour de la situation d’un fleuron industriel qui participe à la transition énergétique.

Au micro du camion-sono, Frédéric Strappazzon (CGT) égrenait les sites où des salariés de GE Hydro Grenoble en mission de maintenance ont débrayé, beaucoup dans des centrales EDF : Gavet (Isère), Les Brévières (Savoie), Revin (Ardennes), L’Escale (Alpes de Haute-Provence), Gerstheim et Marckolsheim (Bas-Rhin) et même Nseke en République démocratique du Congo (RDC).

Pour Nadine Boux (CFE-CGC), cette action intervient après de nouvelles interpellations de la direction par les salariés mardi.

« Cette action, c’est pour montrer notre détermination, notre unité. On ne veut pas se faire licencier comme ça! Il faut du courage pour s’opposer à GE et ça risque de finir comme chez Nokia où la direction parle d’engagement devant un ministre mais maintient son plan social », a ajouté Mme Boux.

Depuis le démarrage du PSE, l’intersyndicale (CFE-CGC, CFDT et CGT) avait dénoncé l’absence de négociations avec la direction qui campait, selon eux, sur un plan social dur avec des conditions de départ a minima et sur des justifications économiques qu’elle conteste.

Mardi, selon Grégory Vauclin (CFE-CGC), « la direction a parlé d’améliorer les conditions de départ: au bout de trois mois , alleluia ! ».

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