General Electric condamné à verser 8.000 euros à 16 salariés exposés à l’amiante

BOBIGNY, 5 avril 2017 (AFP) – Le groupe américain General Electric (GE) a été condamné mercredi à dédommager 16 anciens salariés de l’usine Alstom de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) au titre du préjudice d’anxiété résultant de leur exposition à l’amiante, selon la décision consultée par l’AFP.

Le conseil des prud’hommes de Bobigny a condamné Grid Solutions (filiale de GE qui a pris les commandes début 2016 de la branche énergie du groupe français) à verser 8.000 euros aux ex-salariés ou à leurs ayants-droit, ainsi que 500 euros au titre des frais de procédure.

Les demandeurs, employés de l’usine Alstom-Areva transformateurs de Saint-Ouen (TSO) jusqu’à sa fermeture en 2006, réclamaient 15.000 euros de dommages et intérêts à l’entreprise au titre du « préjudice d’anxiété », c’est-à-dire la crainte de développer des maladies graves en raison de leur ancien travail.

« C’est mieux que les 5.000 euros » obtenus par 52 ex-salariés de la même usine mais « c’est une goutte d’eau dans la mer pour GE sachant qu’ils ont été capables de verser une prime exceptionnelle de plus de 4 millions d’euros à l’ex-PDG d’Alstom Patrick Kron pour avoir soi-disant bien négocié la vente du groupe », a réagi Bernard Balestri, de l’Association des anciens salariés d’Alstom TSO, à l’origine de cette procédure.

« C’est une bonne décision car les sommes ont été revues à la hausse », a souligné de son côté Me Acher Krief, du cabinet Ledoux, précisant que cette indemnité de 8.000 euros correspond à ce qu’alloue en général la cour d’appel de Paris.

Le 26 avril, la cour d’appel de Paris doit rendre une décision dans un autre dossier qui concerne 52 ex-salariés, lesquels avaient obtenu 5.000 euros en juillet 2015 aux prud’hommes de Bobigny.

« Si la cour d’appel accorde une indemnité supérieure à 8.000 euros, les seize salariés pourraient envisager de faire appel », a affirmé M. Krief.

Les parties ont un mois pour faire appel à compter du jour où la décision leur est notifiée.

L’usine Alstom-Areva TSO, qui fabriquait des transformateurs électriques, a compté jusqu’à 1.200 salariés dans les années 1970, avant sa fermeture en 2006. L’endroit a été classé en 2011 sur la liste des sites amiantés.

En 2000, un ancien responsable de l’usine avait été condamné à une forte amende par le tribunal correctionnel de Bobigny pour avoir exposé ses employés au danger de l’amiante.

evs/ger/pb